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vendredi 19 septembre 2025

Si Azure College tombe, Johnson Napoléon tombe avec

L’affaire des faux diplômes infirmiers qui secoue les États-Unis depuis plusieurs mois a mis en lumière un réseau complexe de fraudes impliquant plusieurs écoles de Floride. Parmi elles figure Azure College, une institution fondée et dirigée par l’homme d’affaires haïtien Johnson Napoléon.

Si Azure College est officiellement cité dans les rapports d’enquête des autorités américaines, la question de la responsabilité de son propriétaire devient inévitable. En effet, dans le fonctionnement d’un établissement privé, la frontière entre la personne morale (l’école) et la personne physique qui la dirige est mince : toute dérive touche directement les deux.

Les autorités judiciaires américaines rappellent que des responsables liés à Azure College, notamment José Napoléon, ont été inculpés pour fraude liée à la délivrance de diplômes infirmiers. Même si le nom de Johnson Napoléon n’apparaît pas directement dans les inculpations publiques, il demeure président et propriétaire de l’école. Par conséquent, il ne peut pas se dissocier des pratiques reprochées à son institution.

Dans le droit américain, le principe de la responsabilité hiérarchique est clair : un dirigeant est tenu de garantir la conformité des activités de son organisation. Si Azure College est reconnu coupable de vente de faux diplômes, son propriétaire devient de facto complice ou coauteur, ne serait-ce que par négligence ou défaut de supervision.

Sur le plan moral, la responsabilité est encore plus évidente. Johnson Napoléon a bâti son image publique autour d’Azure College, se présentant comme le promoteur d’une éducation accessible et de qualité pour la communauté haïtienne. Mais si l’établissement qu’il incarne est rattrapé par un scandale de cette ampleur, c’est toute sa crédibilité qui s’effondre.

En outre, le fait que l’école figure dans les listes officielles d’institutions suspectées par les boards of nursing renforce l’idée qu’il n’y a pas d’échappatoire pour son dirigeant. Azure College étant la vitrine même de Johnson Napoléon, chaque coup porté contre l’institution est un coup porté contre lui.

Ainsi, la question n’est pas de savoir si Johnson Napoléon est directement cité par la justice ou non : en tant que propriétaire d’Azure College, il est inévitablement éclaboussé par les accusations. En cas de condamnation de l’école, son nom restera associé à l’un des plus grands scandales éducatifs touchant la diaspora haïtienne aux États-Unis.

Ce dossier rappelle une vérité simple : lorsqu’on est à la tête d’une institution, on ne peut se cacher derrière elle. Si Azure College tombe, Johnson Napoléon tombe avec.

Eric CADET 

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mardi 29 juillet 2025

🔴 Quand j’ai compris que ma peau noire était belle, j’ai arrêté les crèmes éclaircissantes

Pendant plusieurs années, j’ai eu honte de ma couleur de peau. Influencé par les standards de beauté véhiculés dans mon entourage, à la télévision ou dans les publicités, j’ai commencé à utiliser des crèmes éclaircissantes. J’étais convaincu que pour être accepté, aimé, respecté, je devais paraître plus clair. Blanchir ma peau, c’était pour moi une façon de fuir le rejet que je croyais lié à ma noirceur.

Je me regardais dans le miroir sans vraiment m’aimer. Chaque nuance plus foncée sur mon corps devenait un défaut à corriger. Les produits que j’utilisais abîmaient ma peau, mais je continuais. Je pensais qu’en devenant plus clair, je serais plus beau, plus digne, plus désirable. C’était une forme de violence douce, quotidienne, que je m’infligeais en silence.

Puis, au fil de mes voyages en Europe, une autre réalité m’a frappé. J’ai rencontré des femmes blanches, issues de cultures différentes, qui ne voyaient pas la beauté comme on me l’avait apprise. Plusieurs d’entre elles me disaient qu’elles étaient attirées par les hommes très noirs, qu’elles admiraient la profondeur de cette couleur, sa noblesse, son intensité. Au début, j’étais surpris, presque incrédule.

Mais plus les rencontres s’enchaînaient, plus ce message revenait. Et peu à peu, quelque chose a commencé à changer en moi. Je me suis interrogé : pourquoi ai-je voulu effacer ce que d’autres admirent ? Pourquoi cette honte de ce que je suis naturellement ? C’est à ce moment que j’ai compris que j’avais été victime d’un conditionnement, d’une aliénation invisible mais puissante.

J’ai alors arrêté les crèmes. Ce ne fut pas facile au début. Il fallait réapprendre à me voir autrement, à me réconcilier avec mon image, à redonner de la valeur à ce que j’avais appris à détester. Mais plus j’acceptais ma peau noire, plus je me sentais libre, fort, authentique. Ma peau reprenait vie, et moi aussi.

Aujourd’hui, je suis noir, et fier de l’être. Ma couleur n’est plus une faiblesse à corriger, mais une richesse à revendiquer. Ce que je voulais cacher autrefois est devenu une part essentielle de mon identité. Être noir, très noir, n’est plus pour moi un fardeau, mais une puissance tranquille, une beauté profonde que je n’échangerais pour rien au monde.

Sébastien Roumer

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vendredi 11 juillet 2025

Les femmes avec un BBL sentent-elles vraiment mauvais ?

Depuis quelque temps, une idée circule avec insistance sur les réseaux sociaux : les femmes ayant subi un BBL (Brazilian Butt Lift) "sentiraient mauvais". Certains témoignages isolés de chirurgiens esthétiques ont été sortis de leur contexte et amplifiés pour nourrir cette caricature. Mais que cache vraiment cette généralisation ? Est-elle fondée sur des faits médicaux solides ou bien sur une volonté de moquer, humilier et marginaliser certaines femmes ?

Il est vrai que durant la phase post-opératoire d’un BBL, certaines patientes doivent porter des gaines de compression pendant plusieurs semaines, parfois dans des conditions difficiles. La transpiration, les sécrétions naturelles, ou un manque d’accès à une bonne hygiène (notamment dans le cadre du tourisme médical) peuvent occasionner des odeurs temporaires. Mais cela n’a rien de spécifique au BBL : toute chirurgie majeure nécessitant des pansements prolongés ou des vêtements compressifs peut entraîner ce genre de désagrément temporaire si les soins ne sont pas suivis correctement.

Certains médecins l’ont d’ailleurs confirmé : ce ne sont pas les BBL eux-mêmes qui causent des odeurs désagréables, mais bien les conditions post-opératoires mal gérées. D’ailleurs, des chirurgiens esthétiques sérieux insistent sur l’importance de l’hygiène, du suivi médical rigoureux et de l’environnement de récupération. Réduire toutes les femmes ayant subi un BBL à cette image est donc non seulement mensonger, mais aussi profondément injuste. Ce discours ignore volontairement la réalité des soins post-opératoires, les disparités d’accès aux bons services de santé, et les difficultés financières ou logistiques de certaines patientes. Ce n’est pas l’opération qui "pue", c’est parfois le contexte dans lequel elle est faite qui complique la convalescence.

Mais ce mythe persistant ne tombe pas du ciel. Il repose sur un mépris bien plus large : celui qui vise les femmes racisées, pauvres ou issues de milieux populaires qui cherchent à se réapproprier leur corps à travers la chirurgie esthétique. Ces moqueries dissimulent souvent un mélange de sexisme, de classisme et de racisme. Le corps modifié devient un prétexte pour juger moralement ces femmes, les réduire à leur apparence, et nier leur autonomie. Derrière les rires faciles se cache une volonté d’humilier des femmes déjà stigmatisées par ailleurs.

Il faut aussi pointer du doigt le double standard hypocrite de notre société : on glorifie certaines formes dans la mode, dans la musique, sur Instagram, mais on insulte les femmes qui essaient de s’en rapprocher par des moyens accessibles à elles. On admire les célébrités qui affichent des courbes généreuses, mais on méprise celles qui tentent de les imiter par chirurgie. On glorifie le résultat, mais on méprise le processus — surtout quand il est entrepris par des femmes qu’on juge déjà "trop visibles" ou "trop ambitieuses".

En fin de compte, dire que "les BBL sentent mauvais", c’est refuser de voir la complexité sociale, médicale et culturelle derrière un phénomène contemporain. C’est plus qu’un mensonge : c’est une insulte collective travestie en humour. Il est temps de déconstruire ces clichés et de redonner aux femmes le droit de disposer de leur corps sans être jetées en pâture à l’opinion publique.

Irvenka Maüs

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