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mardi 13 janvier 2026

Pas de différence entre Berny Jacques et ces Haïtiens qui croient que migrer est un signe de supériorité

Le cas de Berny Jacques, député républicain né en Haïti et aujourd’hui promoteur de lois répressives contre les migrants, illustre une attitude malheureusement répandue au sein d’une partie de la diaspora haïtienne. Celle de ceux qui, une fois sortis du pays, se perçoivent comme fondamentalement différents — et supérieurs — à ceux qui cherchent encore à partir. Cette posture n’est pas nouvelle, mais elle choque d’autant plus lorsqu’elle émane d’un ancien migrant.

En réalité, il n’existe aucune différence de fond entre Berny Jacques et ces Haïtiens immigrés qui, une fois à l’étranger, se croient supérieurs à ceux qui sont restés en Haïti. Beaucoup oublient qu’ils viennent parfois de zones reculées ou marginalisées, où les conditions de vie étaient extrêmement précaires, au point que l’accès à des infrastructures élémentaires — comme des toilettes hygiéniques — n’allait même pas de soi. Pourtant, le simple fait d’avoir quitté le pays devient, dans leur esprit, une preuve de valeur, tandis que ceux qui sont restés sont perçus comme inférieurs, ignorants ou responsables de leur propre situation.

Cette attitude repose sur une illusion dangereuse : celle selon laquelle quitter Haïti suffirait à transformer socialement et moralement un individu. Le passeport, le statut légal ou la résidence étrangère deviennent alors des marqueurs de dignité humaine. Ce raisonnement occulte une réalité essentielle : sans les mêmes opportunités, sans les mêmes hasards administratifs ou familiaux, beaucoup de ces nouveaux donneurs de leçons n’auraient jamais pu partir.

Le positionnement politique de Berny Jacques s’inscrit dans cette logique d’alignement avec le pouvoir dominant du pays d’accueil. Pour être accepté, reconnu et promu, certains estiment nécessaire d’adopter un discours plus dur encore que celui des natifs. Ce choix n’est pas toujours idéologique ; il relève souvent d’une stratégie d’intégration fondée sur la rupture avec son passé et avec sa communauté d’origine.

Le problème dépasse donc le cas individuel. Il est collectif et culturel. Une partie de la diaspora haïtienne intériorise les hiérarchies sociales et raciales des sociétés d’accueil, puis les reproduit à son tour. Ce mécanisme crée une fracture profonde entre Haïtiens, là où l’histoire commune, la pauvreté partagée et l’exil devraient plutôt nourrir la solidarité.

Berny Jacques n’est ni une anomalie ni une exception. Il est le symptôme d’un malaise plus profond : celui d’une réussite conçue comme une rupture totale avec Haïti et non comme une responsabilité morale envers ceux qui y sont encore liés. Tant que partir sera perçu comme une élévation définitive au-dessus des autres, et non comme une trajectoire parmi d’autres, ce type de discours continuera de prospérer.

Alan Broski 

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vendredi 9 janvier 2026

Haïtien d’origine, ennemi des immigrés

Il est profondément choquant qu’un député américain d’origine haïtienne, Berny Jacques, fils d’immigrants, porte aujourd’hui un projet de loi dont l’objectif assumé est de rendre la vie invivable aux immigrés en situation irrégulière. Cette démarche n’est pas seulement politique, elle est moralement indéfendable et historiquement amnésique.

La communauté haïtienne aux États-Unis s’est largement construite sur des parcours migratoires marqués par l’irrégularité. Une grande partie de la première génération n’est pas arrivée par les canaux légaux, mais par la nécessité. Ces femmes et ces hommes ont fui la dictature, la violence d’État, la faim et l’effondrement des institutions, souvent sans papiers, sans garanties, mais avec le courage de survivre.

Dans les années 1970 et 1980, des milliers d’Haïtiens ont traversé la mer dans des embarcations de fortune pour atteindre les côtes américaines. Ces boat people, méprisés à l’époque et criminalisés par les autorités, sont aujourd’hui les parents, les grands-parents et parfois les mentors de ceux qui occupent désormais des fonctions politiques. Oublier cela n’est pas une erreur : c’est un choix.

Le projet de loi défendu par ce député ne vise pas à organiser l’immigration, mais à humilier. Interdire l’accès aux services bancaires, au logement, aux transferts d’argent ou aux protections du travail, c’est pousser délibérément des êtres humains dans la clandestinité permanente, l’exploitation et la peur. Ce n’est pas une politique publique, c’est une sanction sociale.

Plus grave encore, la présomption automatique de responsabilité en cas d’accident de la route introduit une justice à deux vitesses. Elle consacre l’idée qu’un être humain vaut moins qu’un autre en raison de son statut administratif. Lorsqu’un fils d’immigrants cautionne une telle dérive, il contribue à légitimer une discrimination institutionnelle qu’il aurait dû combattre.

Il y a dans cette posture une forme évidente de trahison sociale. Gravir l’échelle grâce aux sacrifices de générations d’immigrants pour ensuite la retirer à ceux qui tentent de suivre le même chemin relève d’un opportunisme politique cynique. C’est l’expression d’un désir d’acceptation par les élites dominantes, au prix du reniement de ses propres racines.

L’argument de la fermeté ne tient pas. L’histoire américaine démontre que la répression migratoire n’a jamais supprimé l’immigration, mais seulement accru la précarité, le travail illégal et les abus. Les économies locales, notamment en Floride, reposent largement sur cette main-d’œuvre que l’on stigmatise publiquement tout en l’exploitant silencieusement.

En définitive, ce projet de loi ne dit rien de sérieux sur l’immigration, mais beaucoup sur son auteur. Il révèle une rupture avec la mémoire, la solidarité et la dignité des communautés immigrées, en particulier haïtiennes. Lorsqu’un fils d’immigrants se transforme en procureur des immigrés, ce n’est pas la loi qui triomphe, c’est l’oubli.

Anton Paul

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mardi 6 janvier 2026

Quand la diaspora haïtienne attaque les Haïtiens qui soutiennent Maduro

La chute de Nicolás Maduro a surtout servi de prétexte à une mise en scène indécente de certains influenceurs haïtiens de la diaspora. Plus que le Venezuela, plus que la démocratie, c’est leur besoin obsessionnel de plaire à l’Occident qui s’exprime. Ils célèbrent l’intervention américaine comme on agite un drapeau de loyauté, espérant être vus, validés, acceptés.

Il n’est pas anodin que cette jubilation vienne principalement de ceux qui ont quitté Haïti poussés par la faim, la misère et l’effondrement de l’État. Une fois installés aux États-Unis ou au Canada, certains transforment leur survie personnelle en idéologie. Ils ne défendent plus des principes, ils défendent leur nouvelle position sociale, même au prix de renier l’histoire d’Haïti.

Le discours de Lavoisier Junior Chérisier est révélateur de cette dérive. En traitant d’« tèt kk » ceux qui parlent de rapports de force mondiaux, il ne réfute rien : il insulte. Il nie toute complexité géopolitique, ridiculise la Chine et la Russie, et se contente d’un argument primaire : les États-Unis font ce qu’ils veulent. Voilà le niveau du débat.

John Colem Morvan, citoyen canadien, va plus loin dans la manipulation morale. Il demande ironiquement si les Haïtiens « aiment plus le Venezuela » que les Vénézuéliens qui fêtent dans la neige canadienne. Comme si l’émotion de quelques exilés suffisait à légitimer une intervention militaire. Comme si refuser de fêter des bombes étrangères faisait de vous un traître ou un idiot.

Quant à Jean-Claude Junior Vaval, vivant aux États-Unis, son mépris est à peine voilé. Les Haïtiens restés au pays seraient « anti-américains », naïfs, dépassés. Rire, émojis, moqueries : tout est bon pour éviter le fond. Critiquer Washington devient une pathologie. Penser devient une faute.

Ces influenceurs partagent une même arrogance : celle de croire que le passeport occidental confère une supériorité intellectuelle et morale. Depuis le confort nord-américain, ils se moquent de ceux qui, en Haïti, savent ce que signifie réellement une intervention étrangère. Ils rient de ce qui a détruit leur propre pays.

Le plus grave n’est pas leur soutien à l’intervention américaine, mais leur haine de toute pensée souverainiste. Ils n’attaquent pas Maduro, ils attaquent les Haïtiens qui refusent de se réjouir du malheur d’un autre peuple. Ils ne défendent pas la démocratie, ils défendent la loi du plus fort.

L’histoire est pourtant claire : Haïti n’a jamais gagné à applaudir les interventions étrangères. Ceux qui aujourd’hui acclament la chute de Maduro acclamaient hier la chute de Kadhafi. On connaît le résultat. Mais la mémoire est courte quand la reconnaissance occidentale est en jeu.

Au fond, ce spectacle est pathétique. Ceux qui ont fui la faim se transforment en propagandistes des politiques qui fabriquent la faim ailleurs. Ils croient avoir choisi le camp des vainqueurs, sans comprendre que les peuples faibles ne gagnent jamais dans les guerres des puissants.

Eric CADET 

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dimanche 21 décembre 2025

Carel PEDRE arrêté aux Etats-unis

Une publication relayée sur les réseaux sociaux par une page américaine spécialisée dans la diffusion de mugshots a récemment attiré l’attention de l’opinion publique haïtienne. Le nom de Carel Pedre, journaliste culturel haïtien et animateur de l’émission De tout et de rien, y est associé à une arrestation survenue dans le comté de Broward, en Floride, le 21 décembre 2025, pour une accusation relevant de la violence domestique.

Selon les informations affichées par cette page, l’arrestation aurait été effectuée par la police de Tamarac, et l’intéressé aurait été conduit à la prison principale du comté. Aucune décision judiciaire n’a, à ce stade, été rendue publique. Les autorités n’ont pas non plus communiqué de détails supplémentaires sur les circonstances exactes ayant conduit à cette interpellation.

Figure connue du paysage médiatique haïtien, Carel Pedre s’est imposé au fil des années comme une voix de la culture et du débat social, tant en Haïti qu’au sein de la diaspora. Son émission De tout et de rien a servi de tribune à de nombreuses discussions portant sur la société, la culture et l’actualité, ce qui explique l’écho particulier suscité par cette information.

Il convient toutefois de rappeler un principe fondamental du droit : une arrestation ne vaut pas condamnation. En l’absence de jugement, la présomption d’innocence demeure entière. La diffusion massive de photos d’arrestation, sans contexte ni suivi judiciaire, soulève des questions éthiques importantes sur le traitement médiatique des affaires pénales, en particulier lorsqu’elles concernent des personnalités publiques.

Aux États-Unis, les pages spécialisées dans les mugshots exploitent des données accessibles au public, mais leur présentation contribue souvent à une exposition durable des personnes interpellées, même lorsque les poursuites n’aboutissent pas. Cette pratique touche fréquemment les immigrés et les minorités, accentuant les risques de stigmatisation sociale et professionnelle.

Dans l’attente d’éventuelles informations officielles ou d’une décision de justice, la prudence s’impose. Pour les médias comme pour les internautes, le respect des faits, de l’éthique journalistique et de la dignité des personnes concernées reste une exigence fondamentale, surtout lorsqu’il s’agit d’un professionnel de l’information.

Eric CADET 

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dimanche 7 décembre 2025

Selon Joseph Jouthe, les premiers gangs dans l’Artibonite sont l’œuvre de la diaspora haïtienne des États-Unis

L’ancien Premier ministre haïtien Joseph Jouthe a relancé le débat sur les causes profondes de l’insécurité dans l’Artibonite en affirmant que les deux plus puissants gangs ayant opéré dans le département auraient bénéficié du soutien d’une partie de la diaspora haïtienne. Cette déclaration, faite lors d’un entretien en direct avec l’analyste Goetchen Barnard, a suscité de nombreuses réactions dans l’opinion publique. Pour M. Jouthe, comprendre les acteurs internes et externes qui alimentent la violence est indispensable pour espérer stabiliser la région.

Selon l’ex-chef du gouvernement, les groupes armés connus sous les noms de Ti Mépri dans la localité de Jean-Denis et Canal du Vent à Desdunes auraient été les structures criminelles les plus influentes ayant émergé dans l’Artibonite. Il soutient que leur capacité militaire, leur armement et leur rapidité d’expansion ne peuvent s’expliquer uniquement par des ressources locales. À l’en croire, ces groupes auraient reçu des financements, de l’appui logistique et même des encouragements politiques de la part de membres de la diaspora.

Joseph Jouthe affirme que cette implication de la diaspora n’est pas un phénomène isolé. Selon lui, certains Haïtiens vivant à l’étranger, tout en dénonçant la situation sécuritaire du pays, participeraient paradoxalement au renforcement de groupes criminels au nom d’intérêts personnels, économiques ou politiques. L’ancien Premier ministre précise toutefois que ce soutien ne relève pas de la diaspora dans son ensemble, mais de petits réseaux opérant depuis les États-Unis, le Canada ou la République dominicaine.

Ces accusations interviennent dans un contexte où l’Artibonite fait face à une escalade de violence qui affecte gravement les habitants, entrave la production agricole et provoque des déplacements massifs. Les gangs armés ont multiplié les attaques contre les localités, les convois, les exploitations agricoles et les infrastructures. Cette situation fragilise l’une des régions les plus stratégiques du pays, considérée comme le grenier agricole d’Haïti.

Pour plusieurs analystes, même si les déclarations de Joseph Jouthe méritent d’être vérifiées par des enquêtes rigoureuses, elles soulèvent un point central : l’insécurité en Haïti n’est pas seulement un phénomène local, mais un problème transnational. Les flux financiers, les trafics d’armes et les alliances politiques dépassent largement les frontières du pays. Sans un effort conjoint entre l’État haïtien, les pays de la région et les communautés de la diaspora, tout plan de stabilisation demeurera incomplet.

En conclusion, la prise de position de Joseph Jouthe remet en lumière la complexité de la crise haïtienne. Elle rappelle que la lutte contre les gangs nécessite une approche globale intégrant sécurité, gouvernance, régulation financière et responsabilité au sein de la diaspora. Les propos de l’ancien Premier ministre pourraient également servir de point de départ à des investigations plus poussées, afin d’identifier avec précision les acteurs impliqués et les réseaux qui alimentent la violence dans l’Artibonite.

Eric CADET

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mercredi 26 novembre 2025

Washington confirme la fin du TPS malgré la crise haïtienne

Le Département américain de la Sécurité intérieure (DHS) a confirmé, le 26 novembre 2025, la fin du Statut de protection temporaire (TPS) pour les ressortissants haïtiens. Selon l’avis signé par la secrétaire Kristi Noem, cette mesure prendra effet le 3 février 2026, mettant fin à plusieurs années de protection humanitaire pour des milliers d’Haïtiens vivant légalement aux États-Unis.

Cette décision intervient malgré les appels de nombreuses organisations qui estiment que les conditions en Haïti — marquées par l’insécurité, la violence des gangs et la crise institutionnelle — ne permettent pas un retour sûr. L’administration américaine soutient toutefois que les motifs initiaux du TPS ne sont plus justifiés.

L’avis officiel introduit également la notion de « self-deportation », invitant les bénéficiaires à quitter volontairement le territoire avant la date limite. Une approche critiquée par les communautés haïtiennes, qui y voient une pression déguisée à la sortie.

Pour les familles concernées, l’incertitude demeure, d’autant qu’aucune mesure d’accompagnement n’a été annoncée. Les défenseurs des droits des migrants appellent Washington à reconsidérer la décision, estimant qu’un retour massif dans l’actuel contexte haïtien pourrait entraîner une crise humanitaire.

Eric CADET 

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jeudi 6 novembre 2025

Quel avenir pour les Haïtiens aux États-Unis après le 3 février 2026 qui marque la fin du TPS

Le statut de protection temporaire (TPS) dont bénéficient les Haïtiens vivant aux États-Unis prendra fin le 3 février 2026, selon les informations publiées par le Department of Homeland Security (DHS). Ce dispositif, instauré après le séisme dévastateur de 2010, a permis à des milliers de ressortissants haïtiens de rester légalement sur le territoire américain et d’y travailler. Mais à l’approche de l’échéance, le doute grandit sur le sort qui leur sera réservé, après que le président Donald Trump a décidé de ne pas prolonger le programme.

Le TPS n’offre qu’une protection provisoire et ne conduit pas automatiquement à la résidence permanente. Avec cette décision, les bénéficiaires deviendront techniquement expulsables. Pour beaucoup, ce serait un retour brutal vers un pays en crise, miné par la violence des gangs, l’effondrement institutionnel et une pauvreté extrême. Plusieurs ONG et élus américains estiment qu’un tel scénario serait non seulement dangereux, mais aussi contraire aux principes humanitaires que les États-Unis affirment défendre.

Du côté des bénéficiaires, l’inquiétude est palpable. Nombre d’entre eux vivent aux États-Unis depuis plus de dix ans, ont fondé des familles, acheté des maisons et contribuent activement à l’économie américaine. Selon plusieurs études, les Haïtiens titulaires du TPS participent pour plusieurs milliards de dollars à la richesse nationale et envoient chaque année des centaines de millions vers leur pays d’origine, constituant une bouée économique vitale pour Haïti.

La fin du TPS risque donc d’avoir un double impact : humanitaire et économique. En Haïti, l’État, déjà défaillant, serait incapable d’accueillir un retour massif de ses ressortissants. Aux États-Unis, des milliers d’enfants nés sur le sol américain verraient leurs parents menacés d’expulsion, créant de nouveaux drames familiaux. Les associations de défense des immigrés appellent le gouvernement américain à prendre en compte ces conséquences et à proposer une solution alternative.

L’administration Trump justifie sa décision par la volonté de limiter l’immigration et d’imposer une stricte politique de retour, malgré les alertes des experts sur la situation sécuritaire et humanitaire en Haïti. Cette position marque un tournant sévère pour les bénéficiaires du TPS, qui voient leur avenir remis en question après des années de stabilité relative aux États-Unis.

Pour l’heure, le flou demeure sur les mesures concrètes de transition. Le DHS n’a pas encore précisé les procédures d’éloignement ou d’assistance, et les communautés haïtiennes aux États-Unis se préparent à une période d’incertitude prolongée. Les familles espèrent que la solidarité et la mobilisation de la société civile permettront d’atténuer les conséquences de cette décision historique.

Jamesley Rolls-Ainé 

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mercredi 15 octobre 2025

 Pendant que la diaspora palestinienne se mobilise, la diaspora haïtienne fait la fête

Pendant que la diaspora chinoise et taïwanaise investit massivement dans leurs pays d’origine, que la diaspora indienne, portée par ses ingénieurs et informaticiens, attire des milliards de dollars d’investissements technologiques en Inde, et que la diaspora irlandaise contribue à moderniser son économie en y attirant des multinationales, la diaspora juive, quant à elle, met sa puissance financière, politique et diplomatique au service de la légitimation des exactions d’Israël à Gaza. La diaspora palestinienne, de son côté, se mobilise activement par des manifestations, des collectes de fonds, du lobbying politique et des campagnes de sensibilisation pour soutenir Gaza et dénoncer les actions d’Israël.

La diaspora haïtienne, elle, semble vivre dans une bulle. Alors qu’Haïti s’enfonce chaque jour davantage dans le chaos, sous la domination de gangs qui pillent, kidnappent, violent et tuent, une partie de cette diaspora consacre son énergie et ses ressources à la bamboche, à l’organisation de soirées et de fêtes. Une attitude incompréhensible face à la tragédie nationale.

Ces communautés ont compris qu’une diaspora n’est pas simplement un groupe de citoyens dispersés, mais une force stratégique capable d’influencer le destin de sa nation. La diaspora haïtienne a pourtant un rôle capital à jouer. Par son poids démographique, économique et politique, elle pourrait faire entendre la voix du peuple haïtien dans les grandes capitales du monde, plaider pour une aide ciblée, dénoncer les ingérences nuisibles, encourager l’investissement productif et soutenir les initiatives locales. Mais, au lieu de devenir une force diplomatique et économique au service du pays, elle s’enferme dans le divertissement et le paraître.

Il ne s’agit pas de nier le droit à la joie, mais de questionner le sens moral et patriotique d’une telle légèreté alors que la nation agonise. Comment peut-on chanter, danser et s’amuser tandis que des enfants meurent, que des familles sont décimées et que la patrie se désagrège ? Comment justifier cette indifférence face à une crise qui devrait, au contraire, susciter la mobilisation la plus large possible ?

Certes, les transferts d’argent envoyés chaque année par les Haïtiens de l’étranger sont indispensables à la survie de milliers de familles. Mais ces gestes, aussi généreux soient-ils, ne suffisent pas à construire une nation. Le véritable engagement se mesure à la capacité d’une diaspora à influencer le destin collectif, à unir ses forces, à peser sur les décisions internationales et à défendre la dignité de son peuple.

L’heure n’est plus à la bamboche ni aux scènes de plaisir. L’heure est à la mobilisation, à la solidarité et à la prise de conscience. Tant que la diaspora haïtienne continuera à se distraire alors que le pays s’effondre, Haïti restera seule, abandonnée et humiliée devant le monde.

Jamesley Rolls-Ainé 

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lundi 6 octobre 2025

Vivre aux États-Unis exige désormais silence sur les réseaux sociaux

L’Immigration and Customs Enforcement (ICE), agence fédérale américaine chargée de l’application des lois sur l’immigration, prépare une extension massive de ses capacités de surveillance numérique. Selon des documents obtenus par WIRED, l’agence envisage de recruter une trentaine de contractants privés chargés de scruter en continu des plateformes comme TikTok, Facebook, Instagram, YouTube ou X (anciennement Twitter). Ces équipes opéreront depuis deux centres spécialisés situés à Williston (Vermont) et Santa Ana (Californie).

L’objectif affiché est ambitieux : analyser les publications en temps réel et identifier rapidement des individus considérés comme menaces potentielles ou en situation irrégulière. Pour cela, l’ICE prévoit d’utiliser des technologies avancées, telles que l’intelligence artificielle, l’analyse de sentiment et la reconnaissance faciale, ainsi que des bases de données commerciales comme LexisNexis et Thomson Reuters CLEAR. Le programme vise à permettre un traitement des dossiers urgents en moins de 30 minutes.

Mais ce projet soulève de vives inquiétudes. Défenseurs des libertés civiles et experts en protection de la vie privée mettent en garde contre un risque d’abus. L’utilisation de courtiers en données pour surveiller massivement des populations, parfois sans mandat judiciaire, pourrait constituer une atteinte grave aux droits fondamentaux. Des organisations comme l’Electronic Privacy Information Center dénoncent un « danger significatif » pour la vie privée.

Plusieurs voix alertent également sur les précédents de l’ICE. Des projets antérieurs ont révélé des dérives, notamment des pratiques contournant les exigences légales de mandat et un usage excessif des données. L’American Civil Liberties Union (ACLU) s’alarme de la collecte massive de données de localisation, souvent sans lien direct avec un contrôle migratoire spécifique.

Parallèlement, l’agence développe ses capacités technologiques. Un contrat de 30 millions de dollars a été signé avec Palantir pour la création d’« ImmigrationOS », une plateforme destinée à centraliser les données relatives à la population surveillée. Ce système offrirait une vue quasi instantanée des déplacements et activités de personnes ciblées par l’ICE, augmentant considérablement la portée de ses opérations.

Alors que l’ICE défend ces mesures comme un outil nécessaire pour renforcer la sécurité et l’application de la loi, les critiques insistent sur le risque d’érosion des libertés individuelles. Ils réclament davantage de contrôle et de transparence pour s’assurer que ces outils de surveillance respectent les principes démocratiques et la protection des droits fondamentaux.

Eric CADET 

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lundi 29 septembre 2025

L’Haïtien rejette le vodou et le créole en Haïti, mais les embrasse à l’étranger

En Haïti, le créole et le vodou ont longtemps souffert d’un profond mépris social. Bien qu’ils soient au cœur de l’identité nationale, ces piliers culturels ont été associés à la marginalité, à la pauvreté et à la superstition. Le français et le catholicisme, hérités de la colonisation, ont été érigés en symboles de prestige, réservés aux classes dominantes. Résultat : beaucoup d’Haïtiens ont grandi en considérant leur propre langue et leur propre spiritualité comme des marqueurs d’infériorité.

Dans la vie quotidienne, ce rejet se traduisait par des attitudes concrètes. Les écoles sanctionnaient les élèves qui parlaient créole en classe, les familles bourgeoises interdisaient à leurs enfants de l’utiliser, et ceux qui pratiquaient le vodou le faisaient souvent dans la discrétion pour éviter la stigmatisation. Ainsi, un système entier a contribué à reproduire l’idée que la "vraie modernité" passait par l’effacement des traditions locales.

Pourtant, ce rejet connaît une transformation radicale une fois que l’Haïtien quitte son pays. Dans les communautés de la diaspora, notamment aux États-Unis, au Canada, en France ou au Chili, le créole devient un outil central de cohésion. Il est parlé avec fierté dans les associations, les églises, les médias communautaires, et même valorisé dans la transmission aux enfants nés à l’étranger. Loin d’être une langue honteuse, il se mue en symbole d’identité et de résistance culturelle.

Le vodou, lui aussi, connaît une réhabilitation à l’étranger. Souvent perçu comme "sorcellerie" en Haïti, il est redécouvert dans les pays d’accueil comme une spiritualité africaine authentique et une richesse culturelle. Dans certaines capitales, des festivals et expositions mettent en avant ses rituels, ses danses et son art. Ce regard extérieur, plus ouvert, incite de nombreux Haïtiens de la diaspora à assumer publiquement leur lien avec cette tradition.

Cette transformation s’explique en grande partie par le besoin identitaire. En situation de minorité, les migrants cherchent des repères solides pour se distinguer et affirmer leur appartenance. Le créole et le vodou deviennent alors des outils de valorisation personnelle et collective. Ce qui était rejeté comme "arriéré" au pays devient, à l’étranger, un trésor à préserver.

Il y a aussi le facteur du regard de l’autre. Quand un étranger valorise la musique haïtienne, trouve le créole mélodieux ou s’intéresse au vodou comme philosophie de vie, l’Haïtien prend conscience que ses propres traditions ne sont pas des fardeaux mais des richesses universelles. Cette reconnaissance extérieure joue un rôle clé dans le processus de réappropriation.

Le paradoxe met en lumière une contradiction historique : Haïti est née d’une révolution anticoloniale, mais ses élites ont longtemps continué à imposer une vision eurocentrée. Aujourd’hui encore, ce clivage entre mépris interne et valorisation externe illustre les blessures laissées par l’histoire coloniale et la lutte des classes dans la société haïtienne.

En fin de compte, le créole et le vodou sont victimes et témoins d’une tension entre rejet et fierté. Leur dévalorisation en Haïti et leur promotion à l’étranger ne sont pas des phénomènes contradictoires, mais les deux faces d’une même quête : celle d’une identité haïtienne en perpétuelle négociation entre héritage africain, influences coloniales et affirmation dans le monde moderne.

Woodley ST-Jean 

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mardi 23 septembre 2025

Dimitri Vorbe arrêté une fois de plus par l’ICE

Ce 23 septembre 2025, Dimitri Vorbe, influent homme d’affaires haïtien et ancien vice-président exécutif de la société SOGENER S.A., a de nouveau été arrêté à Miami par les agents de l’Immigration and Customs Enforcement (ICE) des États-Unis. Cette arrestation, confirmée par plusieurs sources proches de sa famille et relayée par le journaliste américain Jake Johnston, survient dans un contexte déjà tendu autour de la gestion de l’énergie en Haïti et des accusations portées contre lui depuis plusieurs années.

Vorbe est une figure controversée du secteur énergétique haïtien. À travers la gestion de la centrale de Varreux et les contrats attribués à SOGENER, il a été impliqué dans des affaires de surfacturation et de profits liés à des subventions publiques. Ces dossiers avaient déjà attiré l’attention des autorités haïtiennes et des observateurs internationaux, qui critiquaient le manque de transparence et la concentration de pouvoir dans le secteur.

Cette nouvelle arrestation rappelle que Vorbe n’en est pas à son premier passage devant l’ICE. En 2020, il avait déjà été interpellé à Miami pour des motifs liés à son statut migratoire et avait été détenu brièvement avant d’être relâché. La similitude des circonstances laisse entendre que les autorités américaines surveillaient sa situation depuis plusieurs années, et que des dossiers en suspens pourraient désormais conduire à des actions plus strictes.

Pour l’heure, les motifs précis de l’arrestation du 23 septembre 2025 n’ont pas été officiellement communiqués. Il reste incertain si cette mesure est liée à des demandes de la justice haïtienne, à des infractions américaines (financières ou administratives), ou à des manquements relatifs à son statut d’immigration. Cette ambiguïté alimente de nombreuses spéculations dans les milieux politiques et économiques, notamment au sein de la bourgeoisie haïtienne, souvent critiquée pour sa prétendue impunité.

L’impact de cette arrestation pourrait être considérable sur le plan politique et économique. Elle envoie un signal fort aux acteurs influents du pays, rappelant que ni richesse ni statut social ne garantissent une immunité totale face à la justice internationale. Certains analystes voient dans cette arrestation un exemple de la manière dont les États-Unis utilisent leurs institutions judiciaires et d’immigration pour exercer une pression indirecte sur des personnalités étrangères impliquées dans des affaires financières ou politiques sensibles.

En attendant des éclaircissements officiels, cette affaire continue de susciter l’attention, tant en Haïti qu’au sein de la diaspora. Elle relance également le débat sur la transparence dans le secteur de l’énergie et sur la responsabilité des élites économiques haïtiennes. Dimitri Vorbe, longtemps perçu comme un magnat incontournable, se retrouve une fois de plus au centre d’une affaire qui pourrait redéfinir sa trajectoire et servir d’avertissement pour d’autres figures influentes du pays.

Jamesley Rolls-Ainé 

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lundi 15 septembre 2025

Un immigrant mexicain abattu par un agent ICE à Chicago

 

Un drame a secoué la banlieue de Franklin Park, près de Chicago, lorsque Silverio Villegas-González, un immigrant mexicain de 38 ans, a été abattu par un agent du Service de l’immigration et du contrôle des douanes (ICE). Selon le Département de la Sécurité intérieure (DHS), l’agent a ouvert le feu après que Villegas-González aurait tenté de fuir lors d’un contrôle routier, blessant légèrement un agent en le traînant avec son véhicule.

La version officielle de l’ICE est contestée par la famille de la victime, qui souligne que Villegas-González n’avait pas de casier judiciaire majeur, se limitant à quelques infractions mineures. Les proches dénoncent ce qu’ils considèrent comme un usage excessif de la force et réclament justice. L’incident a plongé la communauté locale, majoritairement latino-américaine, dans le deuil et l’indignation.

Des veillées ont été organisées à Franklin Park pour honorer la mémoire de Silverio Villegas-González. Les habitants ont exprimé leur colère et leur incompréhension face à ce qui est perçu comme une tragédie évitable. Les responsables politiques locaux, dont le gouverneur de l’Illinois J.B. Pritzker et le maire de Chicago Brandon Johnson, ont demandé une enquête complète et transparente.

L’événement survient dans le cadre de l’opération « Midway Blitz », une campagne visant à renforcer l’application des lois sur l’immigration en Illinois. Cette opération, initiée par l’administration précédente, a suscité de nombreuses critiques, certains dénonçant des méthodes trop agressives et des risques pour la sécurité des civils.

Des vidéos de surveillance de l’incident ont été diffusées, alimentant le débat public sur les pratiques de l’ICE et le recours à la force létale. Les images ont renforcé l’émotion de la communauté et relancé la question de la responsabilité des agents fédéraux dans l’application des lois sur l’immigration.

Le FBI et d’autres autorités fédérales ont ouvert une enquête sur la mort de Silverio Villegas-González. Les habitants et responsables locaux appellent à ce que cette enquête soit menée avec transparence, afin que justice soit faite et que la confiance entre les communautés immigrantes et les forces de l’ordre soit préservée.

Eric CADET 

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vendredi 12 septembre 2025

Washington fait taire les Haïtiens hostiles à Charlie Kirk

 

Depuis l’annonce officielle du département d’État américain, les réactions haïtiennes qui s’étaient exprimées en ligne pour se réjouir de la mort de Charlie Kirk se sont soudainement tues. L’activiste conservateur, fondateur de Turning Point USA et proche de Donald Trump, a été assassiné mercredi dernier lors d’un événement universitaire.

Un haut responsable du département d’État, Christopher Landau, a prévenu que tout étranger vivant aux États-Unis qui glorifie la violence et la haine « n’est pas le bienvenu » et s’expose à des sanctions. Cette mise en garde vise directement les publications repérées sur les réseaux sociaux, où certains internautes étrangers, dont des Haïtiens, se félicitaient de l’assassinat.

Si plusieurs Haïtiens avaient adopté cette attitude, c’est parce qu’ils considéraient Charlie Kirk comme un militant raciste. L’activiste s’était notamment fait remarquer en déclarant que « les Haïtiens mangeaient des chats », une phrase qui avait suscité l’indignation et la colère au sein de la diaspora haïtienne.

Personnalité controversée du camp conservateur, Kirk était déjà critiqué pour ses positions radicales, jugées anti-Noirs et anti-LGBT. Ses propos stigmatisants avaient contribué à alimenter un ressentiment durable, ce qui explique en partie pourquoi certains ont accueilli son assassinat avec satisfaction.

Cependant, la réaction ferme de Washington rappelle que l’apologie de la violence politique peut entraîner de lourdes conséquences. Par peur de sanctions, beaucoup de ceux qui s’étaient exprimés trop librement ont effacé leurs messages, laissant place à un silence pesant au sein de la communauté haïtienne aux États-Unis.

Dimitri Pavlov 

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mercredi 3 septembre 2025

Comment les Haïtiens ont gangstérisé les Îles Turcs et Caïcos

Les Îles Turcs et Caïcos, petites perles des Caraïbes, font face depuis plusieurs années à un phénomène préoccupant : certaines communautés haïtiennes, souvent issues de l’immigration irrégulière, se sont retrouvées mêlées à des activités criminelles. La pauvreté, l’exclusion sociale et le manque d’accès à des emplois légaux ont créé un terrain fertile pour la délinquance.

Dans certaines villes et quartiers, des jeunes haïtiens ont commencé à former des groupes organisés, contrôlant des territoires et imposant leur influence par la peur. Les autorités locales rapportent des cas de vols, de trafics et de violences liés à ces groupes, ce qui a contribué à une image négative de la diaspora.

Ce phénomène ne concerne pas tous les Haïtiens présents sur les îles, mais il suffit de quelques incidents pour que l’ensemble de la communauté soit stigmatisé. Les médias locaux et certaines autorités ont souligné ces actes, accentuant la perception selon laquelle les Haïtiens seraient responsables de la montée du crime.

La réalité est complexe : beaucoup de ces jeunes sont arrivés sans ressources ni soutien, cherchant à survivre dans un environnement hostile. La marginalisation et le manque d’opportunités légales ont poussé certains vers des activités illégales, créant un cercle vicieux difficile à briser.

Malgré ces problèmes, la communauté haïtienne contribue également à l’économie locale par le travail dans la construction, le commerce et les services domestiques. Leur présence est essentielle, mais le phénomène de gangstérisation a terni leur image et compliqué leur intégration.

Il est donc crucial pour les autorités et la société civile de séparer les actes criminels des Haïtiens qui vivent honnêtement et ceux qui choisissent la voie de la délinquance. La stigmatisation collective ne résout rien, mais la prévention et l’inclusion peuvent limiter l’influence des gangs et restaurer la réputation de cette communauté dans les Îles Turcs et Caïcos.

Eric CADET 

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mercredi 27 août 2025

🔴 Petrochallengers et dilapidateurs de PetroCaribe exilés dans les mêmes pays : États‑Unis et Canada

On nous avait promis que PetroCaribe Challenge allait être la grande bataille de notre génération : une jeunesse debout, prête à arracher la vérité aux corrompus. Le fameux cri « Kot kòb PetroCaribe a ? » devait marquer l’histoire.

Ironie du sort, ceux qui réclamaient des comptes et ceux qui ont dilapidé l’argent se retrouvent… dans les mêmes destinations d’exil. Miami, Montréal, Boston : mêmes couloirs d’aéroport, mêmes files d’attente pour les papiers d’immigration. Les bourreaux et les justiciers, côte à côte, sous le même climat tempéré.

Pendant ce temps, le militantisme en Haïti a changé de visage. Plus besoin de sit-in sous le soleil de Port-au-Prince ni de marches devant la Cour des comptes. Aujourd’hui, le combat se mène entre deux réunions Zoom, un Facebook Live depuis un salon bien chauffé, ou un statut WhatsApp rédigé en anglais approximatif. Le Wi-Fi est devenu la nouvelle barricade.

Certains ont trouvé la formule magique : rester en Haïti pour garder l’étiquette de « militant », mais envoyer femmes et enfants à l’étranger. Double citoyenneté affective : un pied dans le chaos, un pied dans la sécurité.

Au final, difficile de ne pas sourire : PetroCaribe Challenge n’a pas seulement dénoncé une fuite d’argent, il a aussi ouvert une grande fuite de cerveaux. Le mouvement n’a pas seulement produit des slogans, il a produit des visas.

La rue, jadis théâtre de la révolte, a cédé la place aux salons climatisés de Floride et du Québec. Et le peuple haïtien, lui, attend toujours ses réponses.

Antoine Destin

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lundi 25 août 2025

🔴 Beaucoup de membres de la diaspora n’ont aucun intérêt à voir Haïti se redresser

Depuis des décennies, la diaspora est présentée comme la bouée de sauvetage d’Haïti. Chaque année, ses transferts monétaires sont salués comme une preuve de solidarité et un apport vital pour des millions de familles. Toutefois, derrière ce rôle indispensable se cache une réalité plus complexe : le malheur d’Haïti alimente aussi, paradoxalement, la prospérité et le confort de ceux qui vivent à l’étranger.

Certes, les transferts constituent une ressource cruciale pour la survie de nombreux foyers. Cependant, ils entretiennent également une dépendance chronique. L’argent envoyé permet de payer loyers, nourriture et dépenses quotidiennes, mais il contribue rarement à l’investissement productif ou au développement durable. Ainsi, s’il est vrai que la diaspora soulage la misère, elle ne parvient pas à transformer la structure économique du pays.

Par ailleurs, le phénomène de « l’exode des cerveaux » mérite d’être interrogé. Beaucoup de jeunes qui partent étudier à l’étranger choisissent de ne pas rentrer, invoquant l’instabilité politique et l’absence de perspectives. Ils offrent ainsi leur énergie, leur savoir-faire et leurs meilleures années de vie active aux sociétés étrangères. Haïti, pour sa part, se retrouve privée d’une génération capable d’innover et de construire. Souvent, ce n’est qu’au soir de leur vie que certains envisagent un retour, transformant le pays en un lieu de retraite plutôt qu’en un espace de développement.

Il existe également une zone d’ombre inquiétante : le rôle de certains réseaux de la diaspora dans l’alimentation du chaos. Plusieurs enquêtes ont montré que des armes circulant dans les quartiers populaires de Port-au-Prince proviennent de conteneurs expédiés depuis l’étranger. Il serait toutefois injuste de généraliser : cette responsabilité n’incombe qu’à une minorité, mais ses actions jettent le discrédit sur l’ensemble de la diaspora, y compris sur ceux qui militent sincèrement pour la paix et le progrès.

En outre, une contradiction persiste : beaucoup de membres de la diaspora n’ont pas réellement intérêt à voir Haïti se redresser. Une stabilité retrouvée pourrait en effet susciter des pressions pour leur retour. Or, la majorité a construit sa vie ailleurs, avec des attaches solides dans son pays d’accueil. Haïti devient alors un point de passage symbolique, un lieu où l’on revient pour montrer sa réussite ou profiter de ses vieux jours, mais rarement un espace que l’on cherche à bâtir pour les générations futures.

Finalement, Haïti apparaît comme un miroir brisé pour ses enfants de l’extérieur. On y revient de manière épisodique, le temps d’exhiber une voiture de location, une montre neuve ou quelques billets, comme pour prouver qu’on a « réussi ». Mais réussir loin de sa terre, en lui donnant le poids de ses échecs tout en gardant ses triomphes ailleurs, est-ce vraiment une réussite ? La diaspora, entre solidarité réelle et contradictions profondes, doit aujourd’hui s’interroger : aider Haïti, est-ce seulement nourrir, ou aussi construire ?

Jody Rock Senecharles

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dimanche 10 août 2025

🔴Canada renvoie des Haïtiens aux griffes de l’immigration américaine

Le 3 août 2025, un camion transportant 44 personnes, principalement des Haïtiens, a été intercepté près de la frontière entre les États-Unis et le Canada. Ces migrants tentaient de passer clandestinement en territoire canadien. Les conditions dans le véhicule étaient très difficiles, avec un risque grave pour leur sécurité.

Les autorités canadiennes ont arrêté trois suspects liés à ce trafic de migrants. Ces derniers sont inculpés de faire entrer illégalement des personnes au Canada. Leur arrestation montre la vigilance des forces de l’ordre face à ces réseaux criminels.

Malheureusement, plusieurs migrants interceptés ont été renvoyés aux États-Unis. Pour beaucoup, cela signifie un retour dans une situation précaire, car ils risquent d’être retenus par les services d’immigration américains. Ce processus rend leur situation encore plus compliquée.

Cette affaire illustre les dangers de tenter de traverser la frontière sans documents officiels. Le trafic d’êtres humains est une réalité qui met en péril la vie de nombreuses personnes. Il est important d’informer les communautés sur ces risques.

Pour ceux qui souhaitent migrer, il est conseillé de suivre les voies légales et de se renseigner auprès des autorités compétentes. Éviter les réseaux clandestins permet de réduire les risques d’exploitation et d’arrestation.

Enfin, il faut diffuser cette information afin que ceux qui envisagent de tenter ce passage comprennent les conséquences graves. La prudence est de mise pour éviter des drames humains évitables.

Timofei Egorovitch Pravdine 

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Alix Didier Fils-Aimé projette d'augmenter le prix du carburant : le peuple va mourir de faim

Le Premier ministre Alix Didier Fils-Aimé envisagerait une nouvelle augmentation du prix du carburant en Haïti. Selon le journaliste de Radi...