Fondateur du média

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Jameson LEOPOLD est Travailleur social et Gestionnaire. Il a fait des études de maîtrise en Sciences du développement à la Faculté d’Ethnologie et en Conseil et expertise en action publique à l’Université Toulouse 1 Capitole. Il est reconnu comme consultant en migrations et réintégration (déportation, retour volontaire et fuite des cerveaux), en renforcement institutionnel (création d’organisations, élaboration et gestion de projets) et en évaluation de projets. Fort de trois années d’études en linguistique, il a fondé Plume Souveraine et occupe actuellement le poste de directeur de la communication au sein du parti Konbit Pou Demokrasi.

mardi 24 février 2026

Quand une étudiante en médecine de l’Université Quisqueya est tête pensante du kidnapping en Haïti

La Police Nationale d’Haïti (PNH) a récemment neutralisé deux membres clés d’un réseau de kidnapping opérant dans la région métropolitaine de Port‑au‑Prince. Si l’arrestation de Jerry Facile, samedi dernier, a permis d’obtenir des informations cruciales, c’est l’interpellation de Béatrice St‑Fort, dimanche à Vivy Mitchell, qui a profondément marqué l’opinion publique.

Béatrice St‑Fort est une étudiante en dernière année de médecine à l’Université Quisqueya, un parcours exigeant et prestigieux. Sa participation active à un réseau criminel met en lumière un contraste saisissant entre son potentiel professionnel et les choix qui l’ont conduite à collaborer avec des activités criminelles organisées.

Résidant dans un appartement de grand standing à Vivy Mitchell, elle bénéficie d’un cadre de vie privilégié, alors que sa famille est issue d’un milieu modeste. Ce contraste entre origines sociales et conditions de vie actuelles souligne les dynamiques complexes qui peuvent amener un individu instruit et prometteur à s’impliquer dans la criminalité organisée.

Les enquêteurs précisent que Béatrice St‑Fort jouait un rôle central dans le réseau, participant notamment au repérage des victimes et à la coordination logistique des enlèvements. Son niveau d’instruction et son aisance sociale ont été mis à profit pour faciliter certaines opérations, démontrant que la criminalité ne se limite pas à des profils défavorisés.

L’arrestation de cette étudiante a provoqué un choc dans le milieu académique et médical, où elle était perçue comme une jeune prometteuse. Les autorités insistent sur le fait que le statut social ou le niveau d’instruction ne protège pas contre la sanction, et que toute implication dans le kidnapping sera poursuivie avec rigueur.

Cette affaire illustre la fragilité des repères moraux, même chez des individus au parcours d’élite. Elle souligne l’importance d’un suivi vigilant des étudiants et la nécessité de réfléchir aux facteurs socio-économiques et psychologiques qui peuvent détourner des jeunes talents vers la criminalité. La traque des réseaux de kidnapping continue, avec pour objectif de protéger la population et de restaurer la sécurité dans les quartiers vulnérables.

Jameslee Antoine

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lundi 23 février 2026

Haïti : Un Pacte de Transition Fragile et à Haut Risque

Le Pacte National pour la Stabilité et l’Organisation des Elections, bien qu’ambitieux sur le papier, présente de sérieux risques pour la démocratie haïtienne. L’absence de durée précise pour la transition est l’une de ses faiblesses majeures. Le Gouvernement intérimaire reste en fonction jusqu’à l’installation d’élus légitimes, sans limite temporelle. Ce flou peut permettre un allongement indéfini du mandat si des obstacles sécuritaires ou politiques retardent les élections, concentrant ainsi le pouvoir entre les mains du Premier ministre et de son cabinet.

Cette concentration du pouvoir est renforcée par les prérogatives étendues confiées au Premier ministre. Il supervise non seulement le Gouvernement, mais aussi le processus électoral et participe aux réformes institutionnelles. Le Comité Consultatif et le Conseil des Ministres, dont le rôle est essentiellement consultatif, n’offrent pas de contrepoids réel. Dans ces conditions, la transition repose fortement sur les compétences et la volonté d’un seul individu, ce qui représente un risque majeur pour la légitimité démocratique.

Le contrôle interne du Pacte est également limité. L’article sur les sanctions en cas de manquement à la neutralité prévoit que celles-ci soient décidées par le Conseil des Ministres lui-même. Cette disposition crée un potentiel conflit d’intérêts et affaiblit la capacité à sanctionner efficacement tout abus ou détournement de pouvoir. Les mécanismes de surveillance demeurent insuffisants face à la concentration des pouvoirs exécutifs.

La dépendance de la communauté internationale est un autre point faible. Le Pacte s’appuie sur la Force de Répression des Gangs et sur les résolutions du Conseil de Sécurité des Nations Unies pour garantir la sécurité et soutenir le processus électoral. Si ce soutien est crucial, il pose la question de la légitimité interne et de la capacité d’Haïti à gérer la transition de manière autonome, laissant le pays vulnérable aux pressions extérieures.

Le Comité Consultatif, composé de représentants de la société civile, du secteur privé, des syndicats et des partis politiques, ne dispose que d’un rôle d’accompagnement et de conseil, sans réel pouvoir décisionnel. Cette limitation réduit fortement son efficacité comme instrument de surveillance démocratique et laisse une grande latitude au Gouvernement intérimaire, augmentant le risque d’arbitraire ou de décisions unilatérales.

Enfin, le Pacte ne prévoit pas de mécanismes rapides pour corriger un échec éventuel du Premier ministre. Si celui-ci n’est pas capable de rétablir la sécurité, d’organiser les élections ou de mener les réformes nécessaires, la transition pourrait se prolonger indéfiniment, provoquant un blocage institutionnel et politique. En résumé, l’absence de limite temporelle, la concentration des pouvoirs, le contrôle interne insuffisant, la dépendance extérieure et le faible contrepoids institutionnel font du Pacte un outil fragile, dont le succès dépend entièrement de la compétence et de la volonté d’un seul acteur.

Eric CADET 

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vendredi 13 février 2026

Le 14 février : et si les femmes offraient le chocolat ? 🍫💕

Le 14 février, on parle toujours de roses rouges, de déclarations enflammées et de chocolats offerts par les hommes. Mais si, cette année, on changeait la tradition ? Si, pour la Saint-Valentin, c’était à nous, les femmes, d’offrir du chocolat aux hommes ?

Après tout, l’histoire du chocolat à la Saint-Valentin vient en grande partie du Japon, où ce sont les femmes qui offrent des chocolats aux hommes le 14 février. Un mois plus tard, le 14 mars, lors du White Day, les hommes rendent la pareille. Une tradition qui montre que l’amour peut circuler dans les deux sens.

Pourquoi laisser aux hommes le monopole du geste romantique ? Eux aussi aiment recevoir. Eux aussi apprécient l’attention, la douceur, la surprise. Offrir du chocolat à un homme, ce n’est pas renverser l’ordre du monde, c’est simplement rappeler que l’amour n’est pas à sens unique.

Le chocolat, symbole de tendresse et de plaisir, n’a pas de genre. Qu’il soit noir intense, au lait fondant ou aux éclats d’amandes, il porte un message simple : “Je pense à toi.” Et parfois, ce sont les femmes qui ont envie de le dire en premier.

Dans une société où l’on parle de plus en plus d’égalité et de réciprocité, la Saint-Valentin peut devenir un moment d’équilibre. Un moment où l’initiative ne dépend ni du sexe ni des conventions, mais du cœur.

Alors oui, le 14 février, osons offrir du chocolat aux hommes. Non pas par obligation, mais par choix. Parce que l’amour, le vrai, ne se mesure pas à celui qui donne en premier, mais à la sincérité du geste.

Séphora Napoléon

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jeudi 12 février 2026

Si Dieu bénit toute l’Amérique, comme le dit Bad Bunny, pourquoi courir tous aux États-Unis ?

Certains ne jurent que par cette phrase : “God bless America”. Une déclaration qu’ils présentent comme universelle, englobant tout le continent américain. Une idée noble… sur le papier. Mais dans la vraie vie, on assiste à un spectacle pour le moins comique : ces mêmes défenseurs de la bénédiction universelle ne pensent qu’à prendre le premier avion pour les États-Unis.

Ils quittent leurs pays, abandonnent leurs familles et laissent derrière eux tout ce qui pourrait rappeler qu’ils sont déjà bénis. Si Dieu bénit leurs nations respectives, pourquoi fuir ? La logique semble soudainement disparaître au moment de remplir un formulaire de visa ou de réserver un billet d’avion.

On pourrait applaudir leur courage… si ce n’était pas un mélange de contradiction et de fuite. Crier que Dieu bénit tout le continent, puis chercher absolument à vivre dans un seul pays, c’est un peu comme dire que la pluie tombe partout… mais courir désespérément sous un seul parapluie.

Plus cocasse encore : ils n’hésitent pas à juger d’autres pays comme “moins bien”, tout en proclamant que Dieu les bénit tous. Une gymnastique mentale digne des meilleurs numéros de cirque. 

Et pourtant, il suffit de regarder autour de soi : rester, travailler, bâtir dans son propre pays, c’est aussi bénéficier de cette bénédiction divine. Pas besoin de traverser l’Atlantique pour la trouver. Mais c’est visiblement plus glamour de poster des photos sur Instagram depuis Miami ou New York.

Alors, la prochaine fois qu’on vous répète : “God bless America”, demandez‑lui avec un sourire : si Dieu bénit toute l’Amérique, pourquoi courir tous aux États-Unis ? Et observez ce petit silence gêné… avant le rire nerveux. 

Alan Broski 

Après avoir détruit le pays, Didier Fils-Aimé trouvera l’exil aux États-Unis, comme Ariel Henry

Nous sommes le 12 février 2026, et le Premier ministre Alix Didier Fils-Aimé dirige seul après la fin du mandat du Conseil présidentiel de transition le 7 février. Cette situation, si elle peut rappeler celle observée sous la présidence d’Ariel Henry, n’en reste pas moins décisive pour l’avenir du pays.

La concentration du pouvoir exécutif n’est pas nouvelle, mais les enjeux politiques, sociaux et sécuritaires actuels redéfinissent profondément la manière dont ce pouvoir doit être exercé. Chaque décision prise aujourd’hui aura un impact direct sur la stabilité et la légitimité future de l’État haïtien.

Même si Alix Didier Fils-Aimé bénéficie d’une protection américaine et a facilité de nombreux contrats aux intérêts américains — en particulier le contrat des mercenaires d’Erik Prince pour combattre les gangs en Haïti —, il ne peut se limiter à cette alliance extérieure. La sécurité nationale et la gouvernance dépendent aussi de son rapport avec les acteurs internes.

Diriger seul ne signifie pas gouverner isolé. L’expérience récente a montré que l’autorité concentrée sans ouverture structurée se fragilise rapidement face à la contestation et à la méfiance populaire. Le pouvoir seul ne suffit pas ; il doit être transformé en légitimité durable.

Pour cela, le Premier ministre doit engager un dialogue avec l’ensemble des secteurs organisés de la vie nationale : organisations sociales, syndicats, patronat, universités, Églises, jeunesse, femmes et diaspora. Une gouvernance qui écoute et associe élargit sa base et renforce sa crédibilité auprès de la population.

Les partis politiques exclus du CPT, soit environ 30 % de l’échiquier national, représentent également une part significative de la légitimité politique. Les intégrer au processus décisionnel ne relève pas d’un geste de concession, mais d’une stratégie de stabilisation et de réduction des tensions politiques.

Ignorer ces forces reviendrait à répéter les erreurs du passé et à nourrir des tensions inutiles. Leur inclusion, structurée et transparente, doit servir à co-construire des politiques nationales et à consolider l’autorité de l’État.

Diriger seul impose aussi de clarifier le cap politique. Le pays doit savoir si le pouvoir en place se limite à gérer l’urgence immédiate ou s’il ambitionne de poser les bases d’une véritable sortie de crise. La sécurité, la réforme de la justice, le renforcement des institutions publiques et l’organisation d’élections crédibles doivent s’inscrire dans une feuille de route claire.

Sans une telle structure, la concentration du pouvoir risque de se transformer en gestion prolongée de l’instabilité. Il est indispensable d’établir des mécanismes de reddition de comptes vérifiables et des échéances précises pour chaque réforme. La confiance de la population dépend de cette clarté et de cette transparence.

Enfin, disposer de l’autorité exécutive seul ne dispense pas d’exercer le pouvoir avec sagesse. L’autorité se construit dans l’ouverture, la consultation et la responsabilité, et non dans l’isolement. Gouverner de manière éclairée, c’est transformer une concentration provisoire du pouvoir en un instrument de consensus national, capable de stabiliser le pays et de restaurer la confiance des citoyens. Tout dépendra de la manière dont ce pouvoir sera utilisé, soit pour répéter les erreurs passées, soit pour construire une transition inclusive et durable.

Eric CADET 

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mercredi 11 février 2026

Nous ne sommes pas allés à l’école pour développer Haïti

Chaque année, des milliers de jeunes Haïtiens obtiennent leur diplôme. Licence, maîtrise, doctorat. Les cérémonies se succèdent, les photos circulent, les familles célèbrent. Pourtant, le pays ne change pas. L’économie stagne, les institutions restent fragiles, les infrastructures se dégradent. Une question dérange : à quoi sert notre école ?

Le système éducatif haïtien est en grande partie hérité du modèle français. Mais ce modèle a été reproduit sans adaptation réelle aux besoins du pays. Pendant que la France réforme régulièrement son système pour répondre aux mutations économiques et technologiques, Haïti semble figée dans un schéma ancien. On enseigne beaucoup de théorie, peu de pratique. On valorise la récitation plus que la résolution de problèmes.

Autre paradoxe : l’école forme massivement dans des filières peu connectées aux priorités nationales. Les sciences sociales, le droit et la gestion dominent. Pendant ce temps, l’agriculture moderne, l’ingénierie, la transformation agroalimentaire, l’énergie ou l’aménagement du territoire manquent cruellement de spécialistes. Le pays importe ce qu’il pourrait produire et dépend de compétences qu’il ne développe pas suffisamment.

Le problème n’est pas l’intelligence des étudiants. Beaucoup réussissent par volonté personnelle, parfois en dépit d’un encadrement insuffisant. Certains poursuivent même jusqu’au doctorat à l’étranger. Mais une fois formés, que font-ils pour Haïti ? Trop souvent, leurs recherches sont conçues pour d’autres réalités. Les thèmes étudiés, les méthodologies utilisées et les références mobilisées ne répondent pas toujours aux urgences nationales.

À cela s’ajoute une culture du diplôme comme symbole social. L’important devient d’« avoir le papier ». La compétence réelle, l’innovation et l’impact concret passent au second plan. Le système valorise le titre plus que la capacité à transformer une communauté, une entreprise ou une institution.

La fuite des cerveaux complète le tableau. Les plus qualifiés quittent le pays faute d’opportunités et de stabilité. Ceux qui restent évoluent dans un environnement marqué par le manque de ressources, de laboratoires, de financements et de vision stratégique.

Le problème n’est donc pas seulement l’accès à l’école. Il est plus profond : l’éducation haïtienne n’est pas articulée à un projet national de développement. Tant que l’école ne sera pas pensée comme un outil de transformation économique et sociale, elle continuera à produire des diplômés sans produire de développement.

La question n’est plus de savoir combien de diplômes nous distribuons chaque année. La vraie question est la suivante : notre système éducatif prépare-t-il réellement à construire Haïti ?

Andy Griffith 

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mardi 10 février 2026

Cuba suffoque sous les sanctions américaines

Depuis plusieurs semaines, Cuba fait face à une crise énergétique sans précédent, conséquence directe des sanctions américaines renforcées après la capture de Nicolás Maduro au Venezuela. Le pays, déjà fragile sur le plan économique, voit ses importations de carburant sévèrement limitées, plongeant la population dans l’incertitude et l’inconfort. Les files d’attente pour l’essence s’allongent, et les habitants ressentent la tension d’un pays à l’agonie énergétique.

Les compagnies aériennes étrangères annoncent des annulations massives de vols, incapables de se ravitailler en carburéacteur sur l’île. Les transports publics sont réduits, et les coupures d’électricité deviennent monnaie courante. Les hôpitaux et les services publics ressentent directement les effets de cette pénurie, mettant en danger la vie quotidienne des citoyens cubains. La population se retrouve à subir les conséquences d’un conflit politique dont elle n’est pas responsable.

La stratégie américaine est claire : mettre la pression sur le gouvernement cubain pour l’affaiblir économiquement et limiter son influence dans la région. Les États-Unis justifient cette politique comme une mesure pour contenir l’influence de Maduro et de ses alliés, mais pour Cuba, il s’agit d’un véritable étranglement économique. L’approvisionnement en carburant vénézuélien, vital pour l’île, est désormais quasi impossible, et les alternatives se raréfient.

Les sanctions ne touchent pas seulement l’énergie. Elles visent également le commerce international de Cuba, empêchant le pays d’acheter des produits essentiels et de vendre ses biens à l’étranger. Les effets se font sentir dans les supermarchés, où les rayons se vident progressivement. Les citoyens observent avec inquiétude le spectre d’une crise alimentaire et sanitaire, tandis que l’économie s’enlise dans un cercle vicieux de pénuries et d’inflation.

Face à cette situation, le gouvernement cubain tente de rassurer la population, promettant des mesures de rationnement et la recherche de nouveaux partenaires internationaux. Mais la dépendance à l’importation de carburant reste critique, et la pression américaine rend toute solution temporaire. La vie quotidienne devient un combat, où chaque litre de carburant et chaque kilowatt d’électricité sont désormais précieux.

La situation actuelle illustre un conflit géopolitique dont les victimes principales sont les citoyens cubains. Entre sanctions économiques, rationnements et incertitude constante, Cuba vit un étranglement orchestré de l’extérieur. Si la communauté internationale ne réagit pas rapidement, l’île pourrait entrer dans une crise sociale et économique plus grave encore, où la survie quotidienne primerait sur tout autre enjeu.

Timofei Egorovitch Pravdine 

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