Fondateur du média

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Jameson LEOPOLD est Travailleur social et Gestionnaire. Il a fait des études de maîtrise en Sciences du développement à la Faculté d’Ethnologie et en Conseil et expertise en action publique à l’Université Toulouse 1 Capitole. Il est reconnu comme consultant en migrations et réintégration (déportation, retour volontaire et fuite des cerveaux), en renforcement institutionnel (création d’organisations, élaboration et gestion de projets) et en évaluation de projets. Fort de trois années d’études en linguistique, il a fondé Plume Souveraine et occupe actuellement le poste de directeur de la communication au sein du parti Konbit Pou Demokrasi.

jeudi 26 février 2026

À ce rythme, bientôt la question ne sera plus : qui kidnappe en Haïti, mais plutôt : qui n’est pas impliqué dans le kidnapping ?

Le kidnapping en Haïti n’est plus l’apanage des seuls quartiers populaires. Longtemps perçus comme l’œuvre exclusive des jeunes des bidonvilles, ces crimes touchent aujourd’hui toutes les couches de la société. Même des habitants de zones autrefois considérées comme sûres, comme Vivy Mitchell, se retrouvent désormais à la tête de réseaux d’enlèvement. La criminalité ne connaît plus de barrières sociales ni géographiques, et le phénomène gagne en ampleur et en complexité.

Cette évolution a entraîné une banalisation inquiétante du kidnapping. Ce qui était autrefois un événement exceptionnel devient désormais une réalité quotidienne pour de nombreux Haïtiens. Les familles vivent dans la peur permanente, et la population commence à douter de la capacité de l’État à protéger ses citoyens.

Certains observateurs s’interrogent également sur le rôle des habitants des quartiers huppés. Il est possible que certains se soient enrichis depuis longtemps grâce au kidnapping, utilisant la violence comme un moyen de pouvoir et d’influence. L’impunité et la richesse rapide obtenues par ces actes auraient pu inspirer les jeunes des quartiers populaires, instaurant ainsi un cercle vicieux où le crime devient un modèle social.

Le proverbe « un poisson pourrit toujours par la tête » prend ici tout son sens. La diffusion de ce modèle de criminalité depuis les élites et certains habitants des quartiers huppés pourrait avoir montré la voie aux quartiers pauvres, renforçant la normalisation de l’enlèvement et l’extension du phénomène à l’ensemble du pays.

Les conséquences sont lourdes et multiples. L’économie locale est fragilisée, les investisseurs hésitent à s’implanter, et la jeunesse voit ses perspectives d’avenir gravement compromises. Le kidnapping devient un système intégré à la société, où chaque enlèvement non résolu nourrit le sentiment d’un État absent et impuissant.

Pour sortir de cette spirale, des mesures structurelles et durables sont indispensables. Rétablir l’autorité de l’État, garantir la justice et reconstruire la confiance sociale sont les conditions nécessaires pour restaurer la sécurité et la cohésion nationale.

Anderson Gandhi Paul

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mardi 24 février 2026

Quand une étudiante en médecine de l’Université Quisqueya est tête pensante du kidnapping en Haïti

Port‑au‑Prince, Haïti – La Police Nationale d’Haïti (PNH) a arrêté ce week-end deux membres clés d’un réseau de kidnapping actif dans la région métropolitaine. Parmi eux, Béatrice St‑Fort, étudiante en dernière année de médecine à l’Université Quisqueya, a été interpellée dimanche dans le quartier Vivy Mitchell.

Selon les enquêteurs, Béatrice St‑Fort aurait joué un rôle central dans le réseau, participant au repérage des victimes et à la coordination logistique des enlèvements. Son niveau d’instruction et son aisance sociale auraient été utilisés pour faciliter certaines opérations.

L’arrestation de cette étudiante a surpris le milieu académique et médical, où elle était considérée comme prometteuse. Les autorités rappellent que le statut social ou le parcours professionnel ne protège pas de la loi.

La PNH poursuit son enquête et affirme que la lutte contre les réseaux de kidnapping reste une priorité pour protéger la population et restaurer la sécurité dans les quartiers vulnérables.

Cette affaire souligne la complexité des facteurs pouvant conduire des jeunes talents à s’impliquer dans des activités criminelles organisées.

Jameslee Antoine

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lundi 23 février 2026

Haïti : Un Pacte de Transition Fragile et à Haut Risque

Le Pacte National pour la Stabilité et l’Organisation des Elections, bien qu’ambitieux sur le papier, présente de sérieux risques pour la démocratie haïtienne. L’absence de durée précise pour la transition est l’une de ses faiblesses majeures. Le Gouvernement intérimaire reste en fonction jusqu’à l’installation d’élus légitimes, sans limite temporelle. Ce flou peut permettre un allongement indéfini du mandat si des obstacles sécuritaires ou politiques retardent les élections, concentrant ainsi le pouvoir entre les mains du Premier ministre et de son cabinet.

Cette concentration du pouvoir est renforcée par les prérogatives étendues confiées au Premier ministre. Il supervise non seulement le Gouvernement, mais aussi le processus électoral et participe aux réformes institutionnelles. Le Comité Consultatif et le Conseil des Ministres, dont le rôle est essentiellement consultatif, n’offrent pas de contrepoids réel. Dans ces conditions, la transition repose fortement sur les compétences et la volonté d’un seul individu, ce qui représente un risque majeur pour la légitimité démocratique.

Le contrôle interne du Pacte est également limité. L’article sur les sanctions en cas de manquement à la neutralité prévoit que celles-ci soient décidées par le Conseil des Ministres lui-même. Cette disposition crée un potentiel conflit d’intérêts et affaiblit la capacité à sanctionner efficacement tout abus ou détournement de pouvoir. Les mécanismes de surveillance demeurent insuffisants face à la concentration des pouvoirs exécutifs.

La dépendance de la communauté internationale est un autre point faible. Le Pacte s’appuie sur la Force de Répression des Gangs et sur les résolutions du Conseil de Sécurité des Nations Unies pour garantir la sécurité et soutenir le processus électoral. Si ce soutien est crucial, il pose la question de la légitimité interne et de la capacité d’Haïti à gérer la transition de manière autonome, laissant le pays vulnérable aux pressions extérieures.

Le Comité Consultatif, composé de représentants de la société civile, du secteur privé, des syndicats et des partis politiques, ne dispose que d’un rôle d’accompagnement et de conseil, sans réel pouvoir décisionnel. Cette limitation réduit fortement son efficacité comme instrument de surveillance démocratique et laisse une grande latitude au Gouvernement intérimaire, augmentant le risque d’arbitraire ou de décisions unilatérales.

Enfin, le Pacte ne prévoit pas de mécanismes rapides pour corriger un échec éventuel du Premier ministre. Si celui-ci n’est pas capable de rétablir la sécurité, d’organiser les élections ou de mener les réformes nécessaires, la transition pourrait se prolonger indéfiniment, provoquant un blocage institutionnel et politique. En résumé, l’absence de limite temporelle, la concentration des pouvoirs, le contrôle interne insuffisant, la dépendance extérieure et le faible contrepoids institutionnel font du Pacte un outil fragile, dont le succès dépend entièrement de la compétence et de la volonté d’un seul acteur.

Eric CADET 

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vendredi 13 février 2026

Le 14 février : et si les femmes offraient le chocolat ? 🍫💕

Le 14 février, on parle toujours de roses rouges, de déclarations enflammées et de chocolats offerts par les hommes. Mais si, cette année, on changeait la tradition ? Si, pour la Saint-Valentin, c’était à nous, les femmes, d’offrir du chocolat aux hommes ?

Après tout, l’histoire du chocolat à la Saint-Valentin vient en grande partie du Japon, où ce sont les femmes qui offrent des chocolats aux hommes le 14 février. Un mois plus tard, le 14 mars, lors du White Day, les hommes rendent la pareille. Une tradition qui montre que l’amour peut circuler dans les deux sens.

Pourquoi laisser aux hommes le monopole du geste romantique ? Eux aussi aiment recevoir. Eux aussi apprécient l’attention, la douceur, la surprise. Offrir du chocolat à un homme, ce n’est pas renverser l’ordre du monde, c’est simplement rappeler que l’amour n’est pas à sens unique.

Le chocolat, symbole de tendresse et de plaisir, n’a pas de genre. Qu’il soit noir intense, au lait fondant ou aux éclats d’amandes, il porte un message simple : “Je pense à toi.” Et parfois, ce sont les femmes qui ont envie de le dire en premier.

Dans une société où l’on parle de plus en plus d’égalité et de réciprocité, la Saint-Valentin peut devenir un moment d’équilibre. Un moment où l’initiative ne dépend ni du sexe ni des conventions, mais du cœur.

Alors oui, le 14 février, osons offrir du chocolat aux hommes. Non pas par obligation, mais par choix. Parce que l’amour, le vrai, ne se mesure pas à celui qui donne en premier, mais à la sincérité du geste.

Séphora Napoléon

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jeudi 12 février 2026

Si Dieu bénit toute l’Amérique, comme le dit Bad Bunny, pourquoi courir tous aux États-Unis ?

Certains ne jurent que par cette phrase : “God bless America”. Une déclaration qu’ils présentent comme universelle, englobant tout le continent américain. Une idée noble… sur le papier. Mais dans la vraie vie, on assiste à un spectacle pour le moins comique : ces mêmes défenseurs de la bénédiction universelle ne pensent qu’à prendre le premier avion pour les États-Unis.

Ils quittent leurs pays, abandonnent leurs familles et laissent derrière eux tout ce qui pourrait rappeler qu’ils sont déjà bénis. Si Dieu bénit leurs nations respectives, pourquoi fuir ? La logique semble soudainement disparaître au moment de remplir un formulaire de visa ou de réserver un billet d’avion.

On pourrait applaudir leur courage… si ce n’était pas un mélange de contradiction et de fuite. Crier que Dieu bénit tout le continent, puis chercher absolument à vivre dans un seul pays, c’est un peu comme dire que la pluie tombe partout… mais courir désespérément sous un seul parapluie.

Plus cocasse encore : ils n’hésitent pas à juger d’autres pays comme “moins bien”, tout en proclamant que Dieu les bénit tous. Une gymnastique mentale digne des meilleurs numéros de cirque. 

Et pourtant, il suffit de regarder autour de soi : rester, travailler, bâtir dans son propre pays, c’est aussi bénéficier de cette bénédiction divine. Pas besoin de traverser l’Atlantique pour la trouver. Mais c’est visiblement plus glamour de poster des photos sur Instagram depuis Miami ou New York.

Alors, la prochaine fois qu’on vous répète : “God bless America”, demandez‑lui avec un sourire : si Dieu bénit toute l’Amérique, pourquoi courir tous aux États-Unis ? Et observez ce petit silence gêné… avant le rire nerveux. 

Alan Broski 

Après avoir détruit le pays, Didier Fils-Aimé trouvera l’exil aux États-Unis, comme Ariel Henry

Nous sommes le 12 février 2026, et le Premier ministre Alix Didier Fils-Aimé dirige seul après la fin du mandat du Conseil présidentiel de transition le 7 février. Cette situation, si elle peut rappeler celle observée sous la présidence d’Ariel Henry, n’en reste pas moins décisive pour l’avenir du pays.

La concentration du pouvoir exécutif n’est pas nouvelle, mais les enjeux politiques, sociaux et sécuritaires actuels redéfinissent profondément la manière dont ce pouvoir doit être exercé. Chaque décision prise aujourd’hui aura un impact direct sur la stabilité et la légitimité future de l’État haïtien.

Même si Alix Didier Fils-Aimé bénéficie d’une protection américaine et a facilité de nombreux contrats aux intérêts américains — en particulier le contrat des mercenaires d’Erik Prince pour combattre les gangs en Haïti —, il ne peut se limiter à cette alliance extérieure. La sécurité nationale et la gouvernance dépendent aussi de son rapport avec les acteurs internes.

Diriger seul ne signifie pas gouverner isolé. L’expérience récente a montré que l’autorité concentrée sans ouverture structurée se fragilise rapidement face à la contestation et à la méfiance populaire. Le pouvoir seul ne suffit pas ; il doit être transformé en légitimité durable.

Pour cela, le Premier ministre doit engager un dialogue avec l’ensemble des secteurs organisés de la vie nationale : organisations sociales, syndicats, patronat, universités, Églises, jeunesse, femmes et diaspora. Une gouvernance qui écoute et associe élargit sa base et renforce sa crédibilité auprès de la population.

Les partis politiques exclus du CPT, soit environ 30 % de l’échiquier national, représentent également une part significative de la légitimité politique. Les intégrer au processus décisionnel ne relève pas d’un geste de concession, mais d’une stratégie de stabilisation et de réduction des tensions politiques.

Ignorer ces forces reviendrait à répéter les erreurs du passé et à nourrir des tensions inutiles. Leur inclusion, structurée et transparente, doit servir à co-construire des politiques nationales et à consolider l’autorité de l’État.

Diriger seul impose aussi de clarifier le cap politique. Le pays doit savoir si le pouvoir en place se limite à gérer l’urgence immédiate ou s’il ambitionne de poser les bases d’une véritable sortie de crise. La sécurité, la réforme de la justice, le renforcement des institutions publiques et l’organisation d’élections crédibles doivent s’inscrire dans une feuille de route claire.

Sans une telle structure, la concentration du pouvoir risque de se transformer en gestion prolongée de l’instabilité. Il est indispensable d’établir des mécanismes de reddition de comptes vérifiables et des échéances précises pour chaque réforme. La confiance de la population dépend de cette clarté et de cette transparence.

Enfin, disposer de l’autorité exécutive seul ne dispense pas d’exercer le pouvoir avec sagesse. L’autorité se construit dans l’ouverture, la consultation et la responsabilité, et non dans l’isolement. Gouverner de manière éclairée, c’est transformer une concentration provisoire du pouvoir en un instrument de consensus national, capable de stabiliser le pays et de restaurer la confiance des citoyens. Tout dépendra de la manière dont ce pouvoir sera utilisé, soit pour répéter les erreurs passées, soit pour construire une transition inclusive et durable.

Eric CADET 

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mercredi 11 février 2026

Nous ne sommes pas allés à l’école pour développer Haïti

Chaque année, des milliers de jeunes Haïtiens obtiennent leur diplôme. Licence, maîtrise, doctorat. Les cérémonies se succèdent, les photos circulent, les familles célèbrent. Pourtant, le pays ne change pas. L’économie stagne, les institutions restent fragiles, les infrastructures se dégradent. Une question dérange : à quoi sert notre école ?

Le système éducatif haïtien est en grande partie hérité du modèle français. Mais ce modèle a été reproduit sans adaptation réelle aux besoins du pays. Pendant que la France réforme régulièrement son système pour répondre aux mutations économiques et technologiques, Haïti semble figée dans un schéma ancien. On enseigne beaucoup de théorie, peu de pratique. On valorise la récitation plus que la résolution de problèmes.

Autre paradoxe : l’école forme massivement dans des filières peu connectées aux priorités nationales. Les sciences sociales, le droit et la gestion dominent. Pendant ce temps, l’agriculture moderne, l’ingénierie, la transformation agroalimentaire, l’énergie ou l’aménagement du territoire manquent cruellement de spécialistes. Le pays importe ce qu’il pourrait produire et dépend de compétences qu’il ne développe pas suffisamment.

Le problème n’est pas l’intelligence des étudiants. Beaucoup réussissent par volonté personnelle, parfois en dépit d’un encadrement insuffisant. Certains poursuivent même jusqu’au doctorat à l’étranger. Mais une fois formés, que font-ils pour Haïti ? Trop souvent, leurs recherches sont conçues pour d’autres réalités. Les thèmes étudiés, les méthodologies utilisées et les références mobilisées ne répondent pas toujours aux urgences nationales.

À cela s’ajoute une culture du diplôme comme symbole social. L’important devient d’« avoir le papier ». La compétence réelle, l’innovation et l’impact concret passent au second plan. Le système valorise le titre plus que la capacité à transformer une communauté, une entreprise ou une institution.

La fuite des cerveaux complète le tableau. Les plus qualifiés quittent le pays faute d’opportunités et de stabilité. Ceux qui restent évoluent dans un environnement marqué par le manque de ressources, de laboratoires, de financements et de vision stratégique.

Le problème n’est donc pas seulement l’accès à l’école. Il est plus profond : l’éducation haïtienne n’est pas articulée à un projet national de développement. Tant que l’école ne sera pas pensée comme un outil de transformation économique et sociale, elle continuera à produire des diplômés sans produire de développement.

La question n’est plus de savoir combien de diplômes nous distribuons chaque année. La vraie question est la suivante : notre système éducatif prépare-t-il réellement à construire Haïti ?

Andy Griffith 

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Le kidnapping en Haïti n’est plus l’apanage des seuls quartiers populaires. Longtemps perçus comme l’œuvre exclusive des jeunes des bidonvil...