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jeudi 13 novembre 2025

Pourquoi les journalistes haïtiens ont peur de citer le nom des mulâtres : le cas d’André Apaid

Dans le paysage médiatique haïtien, un phénomène frappe quiconque observe attentivement : la prudence, parfois la peur, avec laquelle les journalistes noirs évoquent certains grands noms de la bourgeoisie haïtienne. Le cas du puissant entrepreneur André Apaid, souvent cité à voix basse, illustre ce malaise collectif. Dans un pays où la majorité noire domine démographiquement, la parole publique reste pourtant bridée dès qu’il s’agit de toucher aux figures issues des familles les plus fortunées, souvent d’ascendance mulâtre ou métisse. Ce silence n’est pas un hasard : il découle d’une histoire de domination ancienne, toujours vivante dans les structures sociales.

Depuis la colonie, Haïti vit sous l’ombre d’un héritage hiérarchique fondé sur la couleur et la richesse. Les Noirs ont conquis l’indépendance politique en 1804, mais les élites économiques, pour la plupart issues du groupe mulâtre, ont gardé le contrôle des leviers de pouvoir matériel et symbolique. La société haïtienne reste donc traversée par une tension invisible : celle d’une majorité noire souvent exclue des espaces de décision, face à une minorité économiquement puissante. Dans ce contexte, nommer un bourgeois, c’est plus qu’un acte journalistique : c’est une transgression sociale.

Les journalistes, issus pour la plupart de milieux modestes, sont conscients des risques que comporte une telle transgression. En Haïti, le pouvoir économique exerce une forme de censure indirecte. Les grands groupes contrôlent les médias, les publicités, les emplois et parfois même les carrières. Dénoncer ou simplement nommer un membre influent de la bourgeoisie peut signifier perdre son poste, être marginalisé ou subir des menaces. La peur se double d’une dépendance structurelle : les médias ont besoin de l’argent des riches pour survivre, ce qui réduit considérablement la liberté d’expression.

Ce climat d’autocensure est aussi le produit d’une culture du respect imposé. Depuis l’enfance, on apprend à vénérer les “grands messieurs”, à ne pas contredire ceux qui “ont réussi”. Cette mentalité coloniale, encore profondément ancrée, transforme le riche en figure quasi sacrée, intouchable. Les journalistes noirs reproduisent inconsciemment cette hiérarchie symbolique, évitant de nommer les détenteurs de pouvoir pour ne pas paraître insolents ou “anti-élite”. Ainsi, la peur se mêle au réflexe culturel : le silence devient une habitude sociale, plus forte parfois que la volonté de vérité.

Pourtant, ce silence a un coût démocratique énorme. Il entretient une illusion d’égalité dans un pays où la richesse et l’influence sont concentrées entre quelques mains. En évitant de nommer les puissants, on maintient l’opacité du système et on empêche le peuple de comprendre les vraies dynamiques du pouvoir. L’absence de critique explicite contribue à renforcer les inégalités et à perpétuer la domination d’une minorité sur la majorité. Le journalisme, censé informer et libérer, devient alors un instrument involontaire de soumission.

Rompre ce silence est devenu une nécessité morale. Les journalistes haïtiens doivent retrouver le courage de nommer les choses et les personnes, sans haine, mais avec rigueur et lucidité. L’avenir du pays dépend d’une parole libre, capable de dépasser la peur héritée du passé. Nommer Apaid, Boulos, Bigio ou toute autre figure puissante ne doit pas être un acte de rébellion, mais un simple geste de vérité. Car dans une République qui se veut née de la liberté, le silence face aux puissants est la plus subtile des servitudes.

Eric CADET 

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lundi 22 septembre 2025

Laurent Saint-Cyr à l’ONU avec 35 personnes, alors qu’il dirige un pays pauvre et en crise

Le conseiller présidentiel Laurent Saint-Cyr s’est rendu à New York à la tête d’une délégation de trente-cinq personnes pour participer à la 80ᵉ session de l’Assemblée générale des Nations Unies. Cette décision soulève de vives critiques, car elle intervient dans un contexte où Haïti traverse l’une des pires crises de son histoire récente. L’ampleur de cette délégation interroge sur les priorités d’un pays en faillite, où la majorité de la population vit dans l’insécurité et la précarité.

En théorie, l’ONU encadre la composition des délégations en accordant quinze places officielles : cinq représentants, cinq suppléants et cinq conseillers. Dans la pratique, les grandes puissances envoient des équipes élargies pouvant atteindre plusieurs dizaines de personnes, car elles disposent de moyens financiers et diplomatiques à la hauteur. Mais pour un État comme Haïti, sans ressources et plongé dans la tourmente, une délégation de trente-cinq personnes apparaît comme un luxe inutile et mal géré.

Le coût d’un tel déplacement est loin d’être négligeable : billets d’avion, hébergement à New York, per diem et frais protocolaires. Ces dépenses, supportées par l’État, représentent des montants considérables qui auraient pu être alloués aux besoins les plus urgents : la sécurité publique, la santé, l’éducation ou encore le soutien aux déplacés internes victimes des violences armées. Dans un pays au bord de l’effondrement, ce choix envoie un message contradictoire à la population et aux partenaires internationaux.

La composition de cette délégation laisse planer le doute sur son efficacité réelle. Selon plusieurs observateurs, nombre de ses membres n’ont pas de rôle clairement défini dans le cadre des discussions onusiennes. Plutôt qu’une mission diplomatique ciblée, l’initiative ressemble à une opération de gratification politique, où des proches du pouvoir bénéficient d’un voyage officiel aux frais du contribuable. Cette pratique renforce l’image d’un État mal gouverné, prisonnier de ses vieilles habitudes de gaspillage.

Il est indéniable qu’Haïti a besoin de se faire entendre à la tribune des Nations Unies. Le pays doit plaider sa cause, alerter sur l’insécurité et rechercher le soutien de la communauté internationale. Mais cela pouvait être accompli avec une délégation resserrée, compétente et crédible. En choisissant la démesure, Laurent Saint-Cyr envoie le signal qu’il reproduit les excès des anciens gouvernants, au lieu de montrer une rupture avec les pratiques du passé.

Au final, ce voyage à trente-cinq personnes, dans un contexte de misère généralisée, illustre une profonde déconnexion entre les dirigeants et la réalité du peuple haïtien. Plutôt que d’incarner la responsabilité et la sobriété qu’exige la situation nationale, Laurent Saint-Cyr s’enferme dans une logique de privilèges. Loin de redorer l’image d’Haïti, cette délégation à l’ONU risque de confirmer aux yeux du monde que le pays souffre avant tout d’un mal endémique : la mauvaise gestion.

Eric CADET 

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mercredi 10 septembre 2025

Non Trapalman, chaque Haïtien a droit à un canapé, un four à gaz

Il y a des paroles qui blessent plus que des coups. Quand un influenceur comme Trapalman ose affirmer que l’Haïtien pauvre n’a pas besoin d’un canapé, d’un four à gaz ni d’un réfrigérateur, il ne fait pas seulement preuve de mépris : il insulte la dignité du peuple haïtien. Et le plus révoltant, c’est que ce même Trapalman a grandi lui-même dans un ghetto, vivant dans la crasse en Haïti. Après avoir immigré clandestinement aux États-Unis en passant par la frontière mexicaine, lui qui sait à peine lire et écrire, devrait être le premier à comprendre la dureté de la misère. Au lieu de cela, il se permet de la sacraliser pour les autres.

Dire que l’Haïtien pauvre n’a pas besoin de ces biens de base, c’est nier son humanité. Un canapé n’est pas un luxe : c’est le minimum de confort pour se reposer. Un four à gaz, ce n’est pas une fantaisie : c’est une alternative moderne au charbon qui détruit nos forêts. Un réfrigérateur, ce n’est pas une extravagance : c’est un outil essentiel pour protéger la santé et éviter le gaspillage alimentaire.

L’hypocrisie est d’autant plus choquante que Trapalman connaît la privation. Au lieu de tendre la main, il préfère humilier ceux qui vivent ce qu’il a lui-même enduré. Ceux qui parviennent à échapper à la misère ont un devoir moral : lutter pour que d’autres puissent aussi en sortir. Se moquer de leurs besoins, c’est non seulement lâche, mais profondément indigne.

Il ne faut pas oublier non plus que Trapalman traîne déjà derrière lui une réputation sulfureuse. L’ONU l’avait déjà ciblé pour avoir reçu, sur TikTok, des cadeaux provenant de gangs haïtiens. Plutôt que de représenter la jeunesse avec dignité, il s’est construit une image sur la provocation, les contradictions et les liens douteux. Voilà pourquoi son discours n’élève personne : il entretient le mépris et la confusion.

Car un peuple privé de confort matériel reste un peuple vulnérable. Lorsqu’on vit dans la précarité permanente, on est plus facile à manipuler, plus simple à exploiter, plus docile face à l’injustice. Empêcher l’Haïtien d’accéder à un minimum de modernité, c’est condamner la nation à rester prisonnière de la pauvreté.

Face à cela, il faut être clair : chaque Haïtien a besoin d’un canapé, d’un four à gaz et d’un réfrigérateur. Pas comme privilège, mais comme exigence minimale de dignité et de modernité. Si Trapalman a choisi d’oublier son passé de ghetto et de crasse, et de s’afficher avec des cadeaux de gangs au lieu de défendre son peuple, le peuple, lui, n’oubliera jamais que la misère n’est pas une condition naturelle, mais une chaîne qu’il faut briser.

Le Révolté

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mardi 9 septembre 2025

Des produits achetés en Chine, revendus cent fois plus chers en Haïti

En Haïti, le commerce d’importation est depuis longtemps contrôlé par une bourgeoisie commerçante, souvent mulâtre, qui a bâti sa richesse sur la dépendance du pays vis-à-vis de l’extérieur. Alors que la Chine produit en masse et vend à très bas prix, ces commerçants profitent de leur accès au marché international pour acheter à vil coût et imposer, une fois en Haïti, des marges exorbitantes. Cette dynamique révèle l’absence de véritable marché concurrentiel dans le pays.

L’État haïtien, trop faible ou complice, ne régule ni les marges bénéficiaires ni les prix à la consommation. Là où d’autres nations imposent des plafonds ou encouragent la production locale, Haïti laisse libre cours à la spéculation. Le consommateur haïtien se retrouve alors pris en otage : s’il veut un produit, il doit payer au prix fixé, même s’il est cent fois supérieur au coût d’achat initial.

Cette situation découle aussi du fait que l’économie haïtienne repose presque exclusivement sur l’importation. La destruction progressive du tissu productif, tant agricole qu’industriel, a donné aux importateurs une position monopolistique. Ne produisant rien de substantiel, le pays devient un simple marché de revente, où le commerçant ne prend aucun risque productif mais encaisse le maximum de profit.

À cela s’ajoute une logique de rente profondément ancrée dans la mentalité de cette élite. Plutôt que d’investir dans la création d’usines, de coopératives ou de filières locales capables de concurrencer les produits étrangers, elle préfère se maintenir dans un rôle d’intermédiaire. La recherche du gain rapide prime sur toute vision de développement national.

Les conséquences sociales sont dramatiques : une population déjà pauvre se voit contrainte de payer très cher des biens essentiels, accentuant les inégalités et la dépendance. Ce modèle économique perpétue un cercle vicieux : les riches commerçants s’enrichissent sans effort, pendant que la majorité reste appauvrie et sans alternative.

En fin de compte, le phénomène où des produits achetés en Chine sont revendus cent fois plus chers en Haïti n’est pas qu’une simple question de commerce. Il s’agit d’un reflet de la structure coloniale de l’économie haïtienne : une élite qui vit de l’importation et de la spéculation, un État absent, et un peuple prisonnier d’un système qui l’empêche de produire, d’innover et de consommer à des prix justes.

Judes Cénat

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mardi 2 septembre 2025

Pourquoi le commissaire Muscadin est-il autant attaqué ?

Le commissaire Muscadin est devenu l’un des personnages les plus controversés du paysage sécuritaire haïtien. Son nom suscite à la fois admiration et rejet, car il incarne une forme de justice à la fois radicale et contestée.

Pour une partie de la population, il représente l’homme qui ose agir là où l’État s’avère impuissant. Dans un pays où les gangs terrorisent les quartiers, ses méthodes expéditives apparaissent comme une réponse immédiate à l’insécurité. Beaucoup voient en lui un « mal nécessaire ».

Mais ses détracteurs dénoncent un homme qui agit en dehors du cadre légal. Les exécutions extrajudiciaires et l’absence de procédures judiciaires sont pointées comme des dérives graves qui fragilisent davantage l’État de droit. Pour eux, Muscadin n’apporte pas la justice, mais une violence institutionnalisée.

Il y a aussi une dimension politique : l’image forte de Muscadin dérange. Son style direct, son discours sans détour et sa popularité populaire en font une figure incontrôlable pour certains acteurs traditionnels du pouvoir. Cette autonomie est perçue comme une menace.

Entre les organisations de défense des droits humains qui l’accusent d’arbitraire et les citoyens qui l’acclament comme un héros, le commissaire Muscadin cristallise toutes les contradictions d’une société en quête de sécurité et de justice.

En réalité, la polémique autour de Muscadin dépasse sa personne. Elle révèle le dilemme haïtien : comment garantir la sécurité sans sombrer dans l’arbitraire ? Et comment bâtir un État de droit quand la loi semble incapable de protéger les citoyens ?

Jefferson Civil 

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samedi 30 août 2025

🔴 Pourquoi les nuls dominent Haïti

En Haïti, ce n’est pas le meilleur qui accède au pouvoir, mais souvent les plus nuls et les moins indignes. La raison première est la faible culture politique. Beaucoup de citoyens ne disposent pas des outils pour évaluer un candidat sur ses compétences réelles. Les promesses séduisantes, le populisme et la notoriété l’emportent alors sur l’expertise et l’intégrité.

Le clientélisme renforce ce mécanisme. Les réseaux de pouvoir favorisent ceux qui savent séduire, flatter ou distribuer des faveurs, plutôt que ceux qui possèdent une vraie capacité à gouverner. Dans ce jeu de relations, la compétence devient secondaire et la manipulation de groupes influents est la clé de l’ascension.

Les institutions haïtiennes, fragiles et peu contrôlantes, aggravent le problème. Sans mécanismes solides pour filtrer ou sanctionner les incompétents et les corrompus, le pouvoir reste accessible à ceux qui savent naviguer dans le système, même avec peu de qualifications.

La méfiance historique envers les élites joue aussi un rôle. Beaucoup de citoyens privilégient des candidats “ordinaires”, proches du peuple, même si leur capacité de gouverner est limitée. Cette méfiance nourrit un anti-intellectualisme où la popularité l’emporte sur la compétence réelle.

Les crises permanentes — économiques, politiques ou naturelles — créent des opportunités pour les leaders médiatiques, charismatiques mais peu préparés à gérer le pays. L’urgence pousse la population à chercher des solutions rapides plutôt que des programmes sérieux et structurés.

Au final, ce cycle se perpétue : ce n’est pas le meilleur, mais le “moins indigne” qui gouverne Haïti. Comprendre ces dynamiques est essentiel pour réformer le système et permettre l’émergence de leaders compétents, intègres et capables de véritablement servir le pays.

Eric CADET 

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vendredi 29 août 2025

🔴 Donald Trump a sauvé Haïti sans aimer les Haïtiens

Beaucoup de gens n’aiment pas la politique de Donald Trump vis-à-vis des étrangers, mais paradoxalement, certaines de ses décisions ont eu des conséquences positives pour Haïti. L’une d’elles est la fin du programme parole humanitaire, qui permettait aux Haïtiens de partir massivement vers les États-Unis. En stoppant ce mécanisme, Trump a, sans peut-être le vouloir, empêché un nouveau départ massif de cerveaux haïtiens.

Depuis les années 1960 et 1970, Haïti vit une hémorragie intellectuelle sans précédent. La dictature des Duvalier avait provoqué la fuite des professeurs, médecins, ingénieurs et autres cadres. Ceux qui auraient dû constituer l’élite du pays se sont installés à l’étranger. Résultat : le pays est dirigé aujourd’hui par des personnes qui, bien souvent, n’ont ni la formation ni les compétences nécessaires pour assumer de grandes responsabilités nationales.

Avec le programme parole relancé sous Joe Biden, la situation s’est aggravée. Des milliers d’Haïtiens, dont une bonne partie de professionnels qualifiés, ont quitté le pays. Ces départs ont affaibli davantage un système éducatif déjà en crise, un secteur de la santé au bord de l’effondrement, et une administration publique sans repères. Si cette tendance avait continué sur plusieurs années, Haïti risquait de se vider totalement de ses forces vives.

C’est dans ce contexte que la décision de Donald Trump prend tout son sens. En mettant fin au programme, il a coupé l’hémorragie. Même si son intention première n’était pas de protéger Haïti, l’effet a été celui d’un frein salutaire : le pays a pu garder ses enseignants, ses ingénieurs, ses médecins et ses cadres. Sans eux, il n’y aurait aucune possibilité de former une nouvelle génération ni de relancer les institutions nationales.

Cette décision, souvent critiquée comme dure et inhumaine, a pourtant offert une bouffée d’oxygène à Haïti. Car il ne suffit pas d’envoyer de l’aide internationale : un pays ne peut se construire sans ses élites. Le maintien des professionnels sur le territoire, même dans un contexte difficile, demeure une chance pour l’avenir. Trump, en bloquant l’exode, a donc empêché Haïti de perdre ce qui lui restait comme capital humain.

En ce sens, on peut affirmer que Donald Trump a sauvé Haïti, non pas par amour pour le pays, mais par les conséquences indirectes de sa politique migratoire. Là où d’autres ont contribué à accélérer la fuite des cerveaux, lui a mis un frein décisif. La véritable tâche reste maintenant à la charge des Haïtiens : transformer cette présence des élites en un moteur de changement et de reconstruction nationale.

Rodolph Noël

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🔴 Les gangs de Viv Ansanm et la population haïtienne peuvent-ils vraiment cohabiter ?

La question de la paix entre les gangs et la population en Haïti, en particulier avec le regroupement criminel Viv Ansanm, ne peut être abordée de façon naïve. Ces groupes armés ne sont pas de simples acteurs marginaux, mais des organisations puissantes qui contrôlent des territoires, imposent des taxes illégales, pratiquent le kidnapping et s’alimentent de trafics illicites. Selon un rapport du Réseau National de Défense des Droits Humains (RNDDH, 2024), plus de 80 % de la capitale est aujourd’hui sous l’influence directe ou indirecte des gangs.

Pour beaucoup d’Haïtiens, vivre dans une zone contrôlée par Viv Ansanm signifie accepter une fausse paix, un quotidien rythmé par des ordres et des restrictions imposés par les gangs. Cette “paix forcée” n’est en réalité qu’un état de survie, où la population est constamment menacée de représailles si elle ose contester l’autorité criminelle. Comme l’a rappelé le Secrétaire général de l’ONU, António Guterres (Conseil de Sécurité, avril 2025), la paix ne peut se construire sur la peur mais seulement sur l’existence d’institutions légitimes et protectrices.

Les gangs de Viv Ansanm tirent leur puissance non seulement de leurs armes, mais aussi de leurs sources de financement occultes. Les rançons issues des kidnappings, le commerce illégal et les appuis de certains secteurs politiques et économiques leur permettent de consolider leur pouvoir. Un rapport de la CARICOM (mars 2025) souligne que des acteurs politiques et économiques alimentent directement ces structures criminelles, ce qui explique leur capacité à résister à toute tentative de désarmement.

Il est illusoire de penser qu’un dialogue direct entre les habitants et les gangs pourrait suffire à établir une paix durable. Toute négociation sans garanties réelles ne serait qu’un piège pour la population, qui resterait vulnérable face à des hommes lourdement armés. Le Bureau Intégré des Nations Unies en Haïti (BINUH, 2024) a d’ailleurs mis en garde contre des “accords de façade” qui donnent une légitimité aux chefs de gangs sans réduire leur emprise sur la société.

La véritable paix en Haïti ne peut naître que d’une action combinée : un État qui retrouve sa souveraineté sur tout le territoire, une justice indépendante capable de sanctionner les crimes, et un processus de désarmement crédible accompagné de mesures sociales pour offrir des alternatives aux jeunes enrôlés dans les gangs. Comme l’explique le professeur haïtien Camille Chalmers (2023), la lutte contre l’insécurité ne peut être gagnée uniquement par la force, mais aussi par une transformation sociale profonde qui réduit les inégalités.

En conclusion, il est clair que tant que les gangs de Viv Ansanm conserveront leurs armes, leurs financements et leur pouvoir de terreur, la paix restera une illusion. Les Haïtiens ne veulent pas d’une coexistence forcée avec ceux qui les oppriment, mais d’une véritable libération nationale où la sécurité, la dignité et la justice deviennent enfin accessibles à tous. Comme le rappelle le RNDDH, “aucune paix durable n’est possible tant que l’État haïtien ne récupère pas son monopole de la force légitime".


Bibliographie

1- Réseau National de Défense des Droits Humains (RNDDH). (2024). Rapport sur la situation sécuritaire en Haïti : domination des gangs armés. Port-au-Prince.

2- Conseil de Sécurité de l’ONU. (2025, avril). Déclaration du Secrétaire général António Guterres sur la crise haïtienne. New York : Nations Unies.

3- CARICOM. (2025, mars). Rapport spécial sur la gouvernance et la sécurité en Haïti. Georgetown.

4- Bureau Intégré des Nations Unies en Haïti (BINUH). (2024). Évaluation de la dynamique des gangs et recommandations. Port-au-Prince.

5- Chalmers, C. (2023). Inégalités sociales et insécurité en Haïti : une lecture politique et économique. Conférence publique, Port-au-Prince.

Jamesley Rolls-Ainé 

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mercredi 27 août 2025

🔴 Ils transforment nos fils en bandits, pendant que les leurs mènent la belle vie chez Donald Trump

Depuis 2011, des centaines de jeunes Haïtiens ont été happés par la spirale de la violence, enrôlés dans la coalition de gangs Viv Ansanm. Une génération entière a été sacrifiée sur l’autel de la manipulation politique et de l’abandon social.

Ces enfants, qui auraient pu devenir ingénieurs, enseignants, médecins ou entrepreneurs, ont été transformés en soldats d’une guerre qui n’en est pas une. Ce ne sont pas deux armées qui s’affrontent, mais des gangs armés par les intérêts politiques et économiques, qui massacrent une population sans défense. La misère, l’absence d’opportunités et la complicité de l’État ont alimenté cette tragédie.

Pendant ce temps, ceux qui ont semé ce chaos s’assurent que leurs propres enfants ne connaissent ni la faim, ni l’insécurité. Protégés des balles et des barricades, ils grandissent dans des écoles étrangères, bénéficient de bourses et se construisent un avenir tranquille à l’étranger. Et le plus indécent, c’est que c’est avec l’argent du peuple, volé et détourné, que ces politiciens — souvent d’anciens misérables — financent la belle vie de leurs familles à l’étranger.

Le contraste est révoltant : nos fils tombent dans les ruelles de Port-au-Prince, tandis que leurs fils se promènent sur les boulevards de Montréal, Miami ou Paris. Voilà l’injustice sociale dans toute sa brutalité.

La coalition Viv Ansanm, financée et armée par des secteurs de l’État et de la bourgeoisie, ne détruit pas seulement des vies, elle détruit l’espoir. Elle enferme des jeunes sans horizon dans l’illusion que le fusil est une réponse, alors qu’il n’est qu’une nouvelle chaîne.

Aujourd’hui, l’histoire nous met face à une question : allons-nous continuer à livrer nos enfants à la violence, pendant que d’autres garantissent l’avenir des leurs ? Ou déciderons-nous enfin de briser ce cycle, pour que la jeunesse haïtienne retrouve sa dignité et son droit à vivre ?

Robin Williams Charles

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mardi 26 août 2025

🔴 Deux hommes fouettés à Aceh, Indonésie, pour homosexualité

Deux hommes ont été publiquement fouettés à 76 reprises chacun dans la province d’Aceh, en Indonésie, pour avoir eu des relations homosexuelles. Aceh est la seule région du pays à appliquer strictement la charia, qui criminalise l’homosexualité.

Les faits remontent à avril 2025, lorsqu’ils ont été surpris dans des toilettes publiques après avoir été dénoncés par un passant. Leur arrestation et leur condamnation illustrent la répression sévère contre les personnes LGBT+ dans cette province conservatrice.

Ces châtiments ont suscité l’indignation de la communauté internationale et des organisations de défense des droits humains, qui dénoncent des pratiques inhumaines et discriminatoires. Amnesty International a notamment appelé à l’abolition de ces flagellations publiques.

La situation met en lumière le contraste entre Aceh et le reste de l’Indonésie, où l’homosexualité n’est pas pénalisée. Elle soulève également des questions éthiques sur la conciliation entre lois locales et droits fondamentaux.

Pour les défenseurs des droits humains, la protection des minorités sexuelles reste un enjeu crucial face à des pratiques encore soutenues par une partie de la population locale.

La communauté internationale observe de près Aceh, espérant que la pression médiatique et diplomatique contribuera à prévenir de futurs châtiments corporels pour des motifs liés à l’orientation sexuelle.

Djune Lafortune 

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🔴 Payer ses impôts et créer de l’emploi ne suffisent pas à définir la citoyenneté

La citoyenneté est souvent réduite à l’accomplissement des obligations légales, comme travailler et payer ses impôts. Ces actions, bien qu’essentielles au fonctionnement de l’État, ne suffisent pas à définir pleinement ce qu’est un bon citoyen. Comme le souligne Tocqueville (1835/2000), la citoyenneté ne se limite pas à des devoirs formels, mais implique une participation active à la vie de la société. Le simple respect des lois ne garantit pas que l’individu contribue au développement collectif ou au bien-être commun.

Travailler et payer des impôts constitue certes une contribution financière à l’État, mais cette contribution est indirecte et impersonnelle. Elle ne développe pas nécessairement le tissu social ni la solidarité entre les citoyens (Putnam, 2000). Ainsi, une personne peut être rigoureusement respectueuse de ses obligations fiscales tout en restant détachée des préoccupations collectives, ce qui limite son impact social réel.

Créer une entreprise et offrir des emplois constitue un pas vers une citoyenneté plus active, puisqu’il s’agit d’un engagement concret dans la vie économique et sociale (Schumpeter, 1942). Cependant, même cette contribution reste centrée sur des intérêts particuliers ou économiques et ne couvre pas l’ensemble des dimensions de la citoyenneté, qui incluent la participation civique, le bénévolat et la défense de l’intérêt général.

La citoyenneté dépasse donc la sphère économique et juridique pour inclure un engagement moral et social. Selon Rawls (1971), être un bon citoyen, c’est soutenir les structures de justice et promouvoir l’équité et le bien commun. Cela implique des actes qui ne sont pas forcément obligatoires, mais qui renforcent la cohésion sociale et la solidarité, tels que le bénévolat, la participation à des associations ou la défense des droits des plus vulnérables.

La solidarité est un élément central de la citoyenneté. Elle suppose une capacité à se soucier des autres et à agir pour le collectif, même lorsque l’action n’apporte pas de bénéfice direct à l’individu (Durkheim, 1893/1992). Le citoyen ne se limite pas à ses propres intérêts, mais cherche activement à améliorer la condition sociale et le bien-être de sa communauté.

Participer activement à la vie civique, par exemple en votant, en s’engageant dans des associations ou en intervenant dans le débat public, constitue une manifestation concrète de citoyenneté. Comme le note Habermas (1992), l’espace public est un lieu où les citoyens doivent se mobiliser pour construire un consensus sur les enjeux collectifs, au-delà des simples obligations légales ou économiques.

L’éducation civique joue un rôle clé pour former des citoyens engagés. En enseignant non seulement les droits et devoirs, mais aussi les valeurs de solidarité et de responsabilité sociale, elle encourage la participation active à la société (Dewey, 1916/2015). Sans cette dimension éducative, la citoyenneté risque de rester un concept abstrait ou limité à des gestes formels.

En conclusion, travailler et payer ses impôts ou même créer une entreprise sont des contributions importantes, mais insuffisantes pour définir la citoyenneté. Être un bon citoyen implique engagement, solidarité et participation active à la vie sociale et civique. Comme le montrent Tocqueville (1835/2000), Durkheim (1893/1992) et Habermas (1992), la citoyenneté véritable se mesure par la capacité à agir pour le bien commun et à renforcer les liens sociaux au-delà des seules obligations légales ou économiques.

Bibliographie

1- Dewey, J. (2015). Démocratie et éducation (version originale 1916). Paris : Presses Universitaires de France.

2- Durkheim, E. (1992). De la division du travail social (version originale 1893). Paris : PUF.

3- Habermas, J. (1992). Facteurs de transformation de la sphère publique. Paris : Payot.

4- Putnam, R. D. (2000). Bowling alone: The collapse and revival of American community. New York: Simon & Schuster.

5- Rawls, J. (1971). A theory of justice. Cambridge, MA: Harvard University Press.

6- Schumpeter, J. A. (1942). Capitalism, socialism and democracy. New York: Harper & Brothers.

7- Tocqueville, A. de. (2000). De la démocratie en Amérique (version originale 1835). Paris : Gallimard.


Jameson LEOPOLD 

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lundi 25 août 2025

🔴 Les gangs de VIV ANSANM ont complètement détruit Solino

Le dimanche 24 août, quelques habitants de Solino ont tenté de regagner leur quartier, sous l’appel des bandits de Viv Ansanm qui prétendent vouloir la paix, après avoir appris que des mercenaires liés à Erik Prince seraient déjà présents en Haïti.

Depuis plusieurs mois, Solino est entièrement sous le contrôle des gangs. La peur et les tirs meurtriers ont contraint la population à fuir, laissant maisons et commerces abandonnés. Le quartier est désormais réduit à un état de désolation totale.

Les habitants déplacés vivent dans des camps improvisés, où les conditions de survie sont extrêmement difficiles. Les lieux sont infestés de charognards et offrent peu de sécurité ou de ressources aux familles contraintes de fuir leur foyer.

Le retour dans le quartier reste périlleux. Les incendies volontaires et la violence des gangs font planer un danger permanent, rendant chaque tentative de retour extrêmement risquée.

Malgré ces obstacles, certains habitants cherchent à retrouver leurs maisons et à rétablir un semblant de vie normale. Leur courage et leur persévérance témoignent d’une résilience face à des mois de chaos et d’insécurité.

Solino demeure un quartier meurtri, mais la détermination de ses habitants laisse entrevoir une lueur d’espoir. Une intervention rapide et coordonnée des autorités et des acteurs humanitaires est indispensable pour restaurer la sécurité et permettre la reconstruction du quartier.

Gérard Nautilis 

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Alix Didier Fils-Aimé projette d'augmenter le prix du carburant : le peuple va mourir de faim

Le Premier ministre Alix Didier Fils-Aimé envisagerait une nouvelle augmentation du prix du carburant en Haïti. Selon le journaliste de Radi...