Il faut reconnaître une chose : la politique haïtienne n’a jamais manqué de culot. Claude Joseph, leader du parti EDE, et Moïse Jean-Charles, figure de proue de Pitit Desalin, deux acteurs centraux dans la mise en place du Conseil présidentiel de transition (CPT), reviennent aujourd’hui nous expliquer qu’ils sont les seuls capables de « recadrer » la transition. Pourtant, ce CPT qu’ils dénoncent désormais avec vigueur n’est autre que la créature politique qu’ils ont eux-mêmes enfantée, structurée et légitimée — une transition dont le mandat arrive à son terme le 7 février 2026.
Or, personne n’a oublié que les représentants de ces deux partis ont largement profité de leur siège au sein du CPT. Leurs privilèges, leurs alliances, leurs positions stratégiques et leurs influences au cœur de ce conseil n’ont jamais été gratuits. Pendant que le pays s’enfonçait dans l’instabilité, eux s’enrichissaient tranquillement à travers leurs relais et leurs arrangements internes. Aujourd’hui, ils voudraient que l’on fasse comme si cette période n’avait été qu’une parenthèse malheureuse dont ils ne porteraient aucune responsabilité directe.
Et c’est là que survient l’épisode le plus spectaculaire : à deux mois de la fin du mandat du CPT, ces deux mêmes architectes de la transition viennent lancer une nouvelle initiative politique, un « consensus de redressement », présenté comme la solution miracle à l’échec… de leur propre œuvre. La logique est renversante : ils construisent un mécanisme, ils l’utilisent, ils en tirent profit, puis décrètent son échec juste au moment où il arrive au bout de sa rentabilité politique. Ensuite, ils reviennent, le sourire tranquille, pour proposer un nouveau cycle de transition.
Le discours, soigné et théâtral, repose toujours sur les mêmes artifices : dénoncer la mauvaise gouvernance du CPT sans jamais assumer leur implication, se présenter comme les seuls hommes sérieux capables de remettre le pays sur les rails, et mobiliser la rhétorique du patriotisme offensif pour masquer une stratégie qui ne vise qu’à préserver leur influence. Moïse Jean-Charles se pose en rebelle lucide, Claude Joseph en homme d’État responsable, mais derrière la mise en scène, les contradictions sautent aux yeux.
Au fond, il ne s’agit pas de sauver Haïti, mais de sauver leur place dans le jeu politique. Cette « transition de recadrage » n’est pas une proposition nationale, mais une tentative de reconquête. Elle est bâtie sur le pari que la population a oublié leurs rôles dans la mise en place du CPT, leurs alliances, leurs profits et leur silence complice durant les dérives du conseil. Une transition conçue par les mêmes mains qui ont façonné la précédente ne peut être qu’un recyclage, pas une refondation.
Et c’est précisément pour cela que le rire s’impose face à ce retour quasi comique de deux politiciens qui, loin d’être des sauveurs, sont les premiers bénéficiaires d’un système qu’ils prétendent vouloir corriger. Haïti mérite bien mieux que cette répétition de vieux scénarios. Elle mérite une transition portée par ceux qui n’ont jamais profité de son effondrement.
Alain Louis Boucci
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