L’ancien Premier ministre haïtien Joseph Jouthe a relancé le débat sur les causes profondes de l’insécurité dans l’Artibonite en affirmant que les deux plus puissants gangs ayant opéré dans le département auraient bénéficié du soutien d’une partie de la diaspora haïtienne. Cette déclaration, faite lors d’un entretien en direct avec l’analyste Goetchen Barnard, a suscité de nombreuses réactions dans l’opinion publique. Pour M. Jouthe, comprendre les acteurs internes et externes qui alimentent la violence est indispensable pour espérer stabiliser la région.
Selon l’ex-chef du gouvernement, les groupes armés connus sous les noms de Ti Mépri dans la localité de Jean-Denis et Canal du Vent à Desdunes auraient été les structures criminelles les plus influentes ayant émergé dans l’Artibonite. Il soutient que leur capacité militaire, leur armement et leur rapidité d’expansion ne peuvent s’expliquer uniquement par des ressources locales. À l’en croire, ces groupes auraient reçu des financements, de l’appui logistique et même des encouragements politiques de la part de membres de la diaspora.
Joseph Jouthe affirme que cette implication de la diaspora n’est pas un phénomène isolé. Selon lui, certains Haïtiens vivant à l’étranger, tout en dénonçant la situation sécuritaire du pays, participeraient paradoxalement au renforcement de groupes criminels au nom d’intérêts personnels, économiques ou politiques. L’ancien Premier ministre précise toutefois que ce soutien ne relève pas de la diaspora dans son ensemble, mais de petits réseaux opérant depuis les États-Unis, le Canada ou la République dominicaine.
Ces accusations interviennent dans un contexte où l’Artibonite fait face à une escalade de violence qui affecte gravement les habitants, entrave la production agricole et provoque des déplacements massifs. Les gangs armés ont multiplié les attaques contre les localités, les convois, les exploitations agricoles et les infrastructures. Cette situation fragilise l’une des régions les plus stratégiques du pays, considérée comme le grenier agricole d’Haïti.
Pour plusieurs analystes, même si les déclarations de Joseph Jouthe méritent d’être vérifiées par des enquêtes rigoureuses, elles soulèvent un point central : l’insécurité en Haïti n’est pas seulement un phénomène local, mais un problème transnational. Les flux financiers, les trafics d’armes et les alliances politiques dépassent largement les frontières du pays. Sans un effort conjoint entre l’État haïtien, les pays de la région et les communautés de la diaspora, tout plan de stabilisation demeurera incomplet.
En conclusion, la prise de position de Joseph Jouthe remet en lumière la complexité de la crise haïtienne. Elle rappelle que la lutte contre les gangs nécessite une approche globale intégrant sécurité, gouvernance, régulation financière et responsabilité au sein de la diaspora. Les propos de l’ancien Premier ministre pourraient également servir de point de départ à des investigations plus poussées, afin d’identifier avec précision les acteurs impliqués et les réseaux qui alimentent la violence dans l’Artibonite.
Eric CADET
This page is sponsored by Dalia Store Online, Pati Konbit Pou Demokrasi, Caëlle Edmond – SOS Solitude, Vicky Massage.
📌 Caëlle Edmond – SOS Solitude
💠 Profil personnel :
facebook.com/caelle.edmond.7
💠 Page publique :
facebook.com/SosSolitude
💠 Page officielle :
facebook.com/caellesossolitude2008
✨ Une voix engagée pour briser le silence autour de la solitude, de la souffrance mentale et de l’abandon. À travers la page SOS Solitude, Caëlle Edmond tend la main à ceux que la société oublie.

Aucun commentaire:
Enregistrer un commentaire