Le cas de Berny Jacques, député républicain né en Haïti et aujourd’hui promoteur de lois répressives contre les migrants, illustre une attitude malheureusement répandue au sein d’une partie de la diaspora haïtienne. Celle de ceux qui, une fois sortis du pays, se perçoivent comme fondamentalement différents — et supérieurs — à ceux qui cherchent encore à partir. Cette posture n’est pas nouvelle, mais elle choque d’autant plus lorsqu’elle émane d’un ancien migrant.
En réalité, il n’existe aucune différence de fond entre Berny Jacques et ces Haïtiens immigrés qui, une fois à l’étranger, se croient supérieurs à ceux qui sont restés en Haïti. Beaucoup oublient qu’ils viennent parfois de zones reculées ou marginalisées, où les conditions de vie étaient extrêmement précaires, au point que l’accès à des infrastructures élémentaires — comme des toilettes hygiéniques — n’allait même pas de soi. Pourtant, le simple fait d’avoir quitté le pays devient, dans leur esprit, une preuve de valeur, tandis que ceux qui sont restés sont perçus comme inférieurs, ignorants ou responsables de leur propre situation.
Cette attitude repose sur une illusion dangereuse : celle selon laquelle quitter Haïti suffirait à transformer socialement et moralement un individu. Le passeport, le statut légal ou la résidence étrangère deviennent alors des marqueurs de dignité humaine. Ce raisonnement occulte une réalité essentielle : sans les mêmes opportunités, sans les mêmes hasards administratifs ou familiaux, beaucoup de ces nouveaux donneurs de leçons n’auraient jamais pu partir.
Le positionnement politique de Berny Jacques s’inscrit dans cette logique d’alignement avec le pouvoir dominant du pays d’accueil. Pour être accepté, reconnu et promu, certains estiment nécessaire d’adopter un discours plus dur encore que celui des natifs. Ce choix n’est pas toujours idéologique ; il relève souvent d’une stratégie d’intégration fondée sur la rupture avec son passé et avec sa communauté d’origine.
Le problème dépasse donc le cas individuel. Il est collectif et culturel. Une partie de la diaspora haïtienne intériorise les hiérarchies sociales et raciales des sociétés d’accueil, puis les reproduit à son tour. Ce mécanisme crée une fracture profonde entre Haïtiens, là où l’histoire commune, la pauvreté partagée et l’exil devraient plutôt nourrir la solidarité.
Berny Jacques n’est ni une anomalie ni une exception. Il est le symptôme d’un malaise plus profond : celui d’une réussite conçue comme une rupture totale avec Haïti et non comme une responsabilité morale envers ceux qui y sont encore liés. Tant que partir sera perçu comme une élévation définitive au-dessus des autres, et non comme une trajectoire parmi d’autres, ce type de discours continuera de prospérer.
Alan Broski
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