vendredi 30 janvier 2026

La CARICOM continue de jouer au théâtre dans le dossier haïtien

 

La CARICOM semble avoir trouvé sa vocation dans le dossier haïtien : celle d’une troupe de théâtre bien rodée, répétant inlassablement la même pièce. À chaque crise, on annonce de nouvelles réunions, de nouvelles consultations, de nouvelles « initiatives », comme si le simple fait de parler suffisait à résoudre l’effondrement d’un État. Le décor change, les discours se modernisent, mais le scénario, lui, reste désespérément identique.

Dans cette mise en scène diplomatique, les acteurs sont toujours les mêmes. Ce sont les partis politiques qui ont échoué, pillé les ressources publiques, vidé les institutions de leur sens et abandonné le peuple à son sort. Pourtant, ce sont encore eux que l’on convoque pour proposer des solutions, comme si l’incendiaire pouvait soudainement devenir pompier. La logique est absurde, mais elle persiste.

La CARICOM semble ignorer une évidence pourtant criante : on ne répare pas un pays en recyclant ceux qui l’ont détruit. À force de privilégier la facilité du compromis avec les élites discréditées, elle renforce l’idée que la crise haïtienne n’est pas réellement une urgence, mais un dossier diplomatique de plus à gérer à distance, sans courage politique.

Pendant ce temps, le peuple haïtien observe, lassé. Il voit défiler les communiqués, les visioconférences, les déclarations solennelles, sans jamais voir poindre un véritable changement. Cette diplomatie du bavardage finit par ressembler à une fuite en avant, où l’on parle beaucoup pour éviter d’agir réellement.

Ce théâtre politique devient d’autant plus insultant qu’il se fait au nom de la stabilité et de la démocratie. Comment parler de transition crédible quand on exclut systématiquement les forces réellement représentatives au profit d’acteurs usés, rejetés par la population ? Comment prétendre aider Haïti en perpétuant les mêmes schémas d’échec ?

À force de jouer la comédie, la CARICOM risque de perdre ce qui lui reste de crédibilité aux yeux des Haïtiens. Le pays n’a plus besoin de spectacles diplomatiques, mais d’un changement de méthode, de visages et surtout de volonté. Sans cela, cette “médiation” restera ce qu’elle est déjà : un théâtre politique de plus, joué sur les ruines d’une nation en souffrance.

Eric CADET 

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mercredi 28 janvier 2026

Quand AyiboPost humiliait Katiana Milfort sous couvert de journalisme

Parler d’une artiste, c’est avant tout parler de son œuvre, de son parcours et de sa contribution à la culture. C’est aussi un exercice qui exige rigueur, éthique et responsabilité. L’article intitulé « Qui est vraiment Katiana Milfort ? », publié par AyiboPost le 23 Septembre 2020, pose à cet égard un sérieux problème de méthode et de posture journalistique. Sous couvert de portrait, ce texte s’apparente davantage à une entreprise de décrédibilisation progressive, où l’intime remplace l’analyse, et où le soupçon l’emporte sur l’information.

Dès son intitulé — « Qui est vraiment Katiana Milfort ? » — l’article installe un doute. Cette formulation suggère que l’artiste dissimulerait une vérité, qu’il faudrait dévoiler. Le lecteur est ainsi placé dans une posture de suspicion avant même d’entrer dans le contenu. Il ne s’agit plus de présenter un parcours artistique, mais d’interroger une personne comme si elle devait se justifier de son existence publique.

L’article évoque la participation de Katiana Milfort à des projets majeurs, son passage remarqué au Festival de Cannes, ses collaborations avec des figures reconnues du théâtre et du cinéma haïtiens. Pourtant, ces éléments sont aussitôt relativisés par des formulations du type : « Elle n’arrive pas encore à vivre de son savoir-faire. » Cette phrase, en apparence anodine, opère une dévalorisation implicite. Elle suggère que la reconnaissance artistique ne vaudrait rien sans stabilité financière, dans un pays où le secteur culturel est notoirement précaire. La réussite est mentionnée, mais aussitôt neutralisée.

L’un des axes dominants du texte consiste à présenter Katiana Milfort comme une artiste « intransigeante », « difficile », « conflictuelle ». Ces qualificatifs reviennent à plusieurs reprises, sans véritable mise en contexte. Or, ce qui est décrit — refuser de travailler sans contrat, exiger d’être payée à temps, défendre ses droits — relève d’un comportement professionnel normal. Chez un homme, ces attitudes seraient qualifiées de rigueur ou d’exigence. Chez une femme, elles deviennent un problème de caractère. Ce glissement n’est pas anodin. Il participe à une construction genrée de la réputation.

Le texte consacre une large place à la vie personnelle de l’artiste : décès de la mère, violences subies, errance, traumatismes. Ces éléments, profondément sensibles, sont livrés avec un niveau de détail qui interroge. Ils ne sont pas analysés, contextualisés ou mis en perspective. Ils servent avant tout à bâtir un récit émotionnel, parfois voyeuriste, qui fragilise l’image de l’artiste plus qu’il ne l’éclaire. Là où le journalisme devrait faire preuve de retenue, le texte choisit l’exposition.

Le passage consacré aux accusations de violences conjugales est sans doute le plus problématique. Les propos de Katiana Milfort sont immédiatement suivis de témoignages visant à les relativiser, voire à les discréditer. Le doute est entretenu sans qu’aucune enquête approfondie ne soit menée, sans rappel du contexte des violences faites aux femmes, ni des mécanismes bien documentés de déni et de silence qui les entourent. La construction narrative conduit le lecteur à conclure que la parole de l’artiste serait incertaine, exagérée, voire mensongère. Il s’agit là d’un procédé classique de délégitimation, malheureusement fréquent lorsqu’une femme dénonce des violences.

Au terme de l’article, l’image laissée au lecteur est celle d’une femme instable, conflictuelle, difficile à suivre, voire problématique. Ce n’est plus un portrait artistique, mais une disqualification progressive. Or, le rôle du journalisme n’est pas de juger une personne, encore moins de construire un procès implicite. Il est d’informer, de contextualiser et d’éclairer, avec équité et responsabilité.

L’article publié par AyiboPost soulève une question fondamentale : celle de la frontière entre enquête journalistique et mise en cause personnelle. En mélangeant récit intime, jugements de valeur et soupçon permanent, le texte finit par produire l’effet inverse de celui qu’il prétend rechercher. Il ne donne pas à voir une artiste dans sa complexité, mais construit une figure problématique, affaiblie, contestable. Ce traitement pose un véritable problème éthique. Car critiquer une trajectoire est légitime. Mais exposer, fragiliser et discréditer une femme sous couvert de portrait ne l’est pas.

Andy Petit

Je hais le sénateur Patrice Dumont

 

Lors d’une discussion animée sur la politique haïtienne, un ami proche, qui faisait partie du pouvoir d’Ariel Henry, s’emporta soudainement. Avec une rage palpable, il vociféra : « Je hais le sénateur Patrice Dumont ! ». Étonné par une telle violence verbale, je lui demandai immédiatement la raison de cette colère. Sa réponse me laissa perplexe, mais elle dévoilait un aspect rarement évoqué de notre réalité politique.

Mon ami expliqua que Patrice Dumont, bien qu’ayant fait partie du pouvoir d’Ariel Henry, se distinguait des autres politiciens. Là où beaucoup utilisaient les chèques du pouvoir pour récompenser les militants et consolider leur loyauté, Dumont agissait différemment. Chaque fois qu’il recevait ces chèques, au lieu de les distribuer, il les déchirait. Aucun militant ne voyait l’ombre d’un sou de ces fonds, ce qui lui valut rapidement l’impopularité auprès de ceux qui attendaient toujours un gain personnel.

Cette anecdote, simple en apparence, révèle un paradoxe troublant. Être honnête en Haïti, surtout dans le milieu politique, peut attirer la haine. Patrice Dumont, par son refus de participer au clientélisme généralisé, a montré que l’intégrité est souvent perçue comme un défaut. Dans un système où l’argent et les faveurs déterminent l’allégeance, la transparence devient presque une menace pour ceux qui comptent sur le réseau informel des récompenses.

Pourtant, son comportement dit quelque chose de fondamental sur la morale en politique. Détruire ces chèques, c’était refuser de céder à la logique du pouvoir facile. C’était dire, sans paroles, que l’éthique peut exister, même dans un environnement où elle est rare. Malheureusement, cette honnêteté a un prix : l’isolement, la critique et, dans le cas de Dumont, la haine ouverte de ceux qui attendaient une part du gâteau.

On peut s’interroger sur l’impact réel de tels actes sur notre société. Si tous les responsables politiques avaient le courage de résister aux pratiques clientélistes, le paysage politique haïtien serait radicalement différent. Mais la réalité est que la loyauté des militants et la survie politique passent souvent par la distribution d’argent et de privilèges, et ceux qui refusent de jouer le jeu se heurtent à l’hostilité.

En fin de compte, Patrice Dumont reste un exemple singulier d’intégrité dans un système où l’éthique est rare. Sa « pingrerie », comme la décrit mon ami, n’était rien d’autre qu’un acte de courage civique. Et si être honnête attire parfois la haine, il laisse également une trace de respect et de dignité que peu de politiciens peuvent revendiquer. Dans ce pays où l’argent parle plus fort que la morale, Dumont nous rappelle que l’honnêteté a un prix — mais aussi une valeur intemporelle.

Bernard Junior Claude

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lundi 26 janvier 2026

Smith Augustin joue au patriotisme pendant que sa femme a accouché au Canada

Dans ses dernières déclarations, suite à la révocation ratée du Premier ministre Alix Didier Fils-Aimé auquel il a participé, Smith Augustin parle de cohérence, de courage et de défense des intérêts supérieurs de la nation. Il se pose en modèle pour la jeunesse, soulignant que l’autorité politique repose sur l’intégrité et le respect des valeurs. Sur le papier, son engagement semble total et inspirant.

Le vote pour le renvoi du Premier ministre, qu’il assume pleinement, illustre sa volonté de peser dans la vie politique nationale. Il revendique cet acte comme légal, légitime et nécessaire pour la construction d’une solution haïtiano-haïtienne à la crise. Smith Augustin insiste sur son rôle d’enseignant-chercheur, diplomate et militant des droits humains, insistant sur sa fidélité aux principes de justice et de morale chrétienne.

Pourtant, derrière cette façade de patriotisme, se cache une réalité qui interpelle : sa femme a accouché au Canada. Alors qu’il clame haut et fort son amour pour Haïti et sa détermination à défendre les intérêts du pays, ce choix personnel révèle une méfiance envers les structures de santé et les conditions de vie de son propre pays.

Cette contradiction ne peut passer inaperçue. Les citoyens et observateurs sont confrontés à un double discours : défendre la nation avec véhémence tout en confiant la naissance de sa famille à un autre pays. Cette posture affaiblit le message de patriotisme et compromet l’exemplarité qu’il revendique auprès de la jeunesse et de la société haïtienne.

Le patriotisme ne se limite pas aux discours ou aux votes audacieux. Il se manifeste aussi dans les choix personnels, surtout lorsqu’ils concernent la sécurité et l’avenir de ses enfants. En choisissant le Canada pour la naissance de son enfant, Smith Augustin envoie, volontairement ou non, un signal de défiance envers son propre pays, en contradiction avec les valeurs qu’il proclame et le courage qu’il revendique.

La politique exige cohérence et exemplarité. Smith Augustin pourrait incarner le patriotisme et inspirer la jeunesse, mais ses actes personnels affaiblissent l’image qu’il construit. En politique comme dans la vie, les actions parlent souvent plus fort que les mots, et dans ce cas précis, la naissance de son enfant à l’étranger parle pour lui.

Andy Griffith 

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Gérald Gilles et Edgard Leblanc sanctionnés, Smith Augustin réduit à demander pardon

La décision des autorités américaines de sanctionner Luis Gérald Gilles et Edgard Leblanc fils par l’annulation de leurs visas dépasse le simple cadre administratif. Elle s’inscrit dans une logique politique plus large, révélatrice du niveau de surveillance exercé par Washington sur les acteurs clés de la transition haïtienne.

Selon les informations rapportées par Radio Télé Métronome, ces sanctions seraient liées à une tentative de révocation du Premier ministre Alix Didier Fils-Aimé, ainsi qu’à des liens présumés avec des groupes armés. Si ces faits venaient à être confirmés, ils traduiraient une volonté de certains acteurs d’influencer, voire de court-circuiter, le processus institutionnel en cours.

Un avertissement diplomatique à peine voilé

L’annulation des visas constitue un instrument diplomatique classique, mais hautement symbolique. Elle marque une désapprobation claire, sans pour autant aller jusqu’à des sanctions économiques ou judiciaires. Dans le contexte haïtien, ce type de mesure agit comme un signal d’alerte : les États-Unis entendent peser sur la recomposition du pouvoir et dissuader toute initiative jugée déstabilisatrice.

Le fait que cette décision vise deux conseillers politiques renforce l’idée que Washington surveille de près les cercles de décision, et non uniquement les figures institutionnelles visibles.

Le cas Smith Augustin : entre répit diplomatique et fragilité politique

Le cas de Smith Augustin apparaît plus complexe. Bien que cité dans le même dossier, il n’a pas encore été formellement sanctionné. Selon les informations disponibles, il aurait cherché à donner des garanties aux autorités américaines, allant jusqu’à s’engager personnellement à modifier son comportement.

Cette démarche, interprétée par certains comme un acte de contrition politique, traduit surtout une tentative de préservation personnelle dans un contexte de forte pression internationale. Toutefois, le fait qu’une procédure de sanction soit désormais en cours laisse penser que ces assurances n’ont pas convaincu, ou qu’elles n’ont pas été suivies d’effets concrets.

Un message clair adressé à la classe politique haïtienne

Au-delà des individus concernés, cette affaire envoie un message plus large à l’ensemble de la classe politique haïtienne :

les manœuvres internes, les arrangements opaques et les liens présumés avec des groupes armés ne sont plus tolérés, du moins du point de vue de Washington.

Elle illustre également la fragilité du processus de transition, où les équilibres restent précaires et les loyautés fluctuantes. Dans ce contexte, toute tentative de repositionnement politique peut être interprétée comme une menace à la stabilité recherchée par les partenaires internationaux.

Une séquence révélatrice des rapports de force actuels

En définitive, cette affaire révèle trois éléments majeurs :

Le poids déterminant des États-Unis dans l’arbitrage politique haïtien ;

La vulnérabilité des acteurs politiques, exposés à des sanctions rapides ;

La fragilité de la gouvernance actuelle, encore marquée par des luttes d’influence internes.

Reste à savoir si ces sanctions contribueront réellement à renforcer la stabilité institutionnelle ou si elles ne feront qu’accentuer les tensions au sein d’un paysage politique déjà profondément fragmenté.

Eric CADET 

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jeudi 22 janvier 2026

Le CPT fait de l'arrogance alors que tout dépend de l'Ambassade américaine

Le mercredi 21 janvier 2026, cinq des sept conseillers présidentiels ont signé la révocation du Premier ministre Alix Didier Fils-Aimé, à quelques jours seulement de la fin du mandat du Conseil présidentiel de transition (CPT), prévue le 7 février 2026. Cette décision marque une escalade inquiétante dans la politique haïtienne et met en lumière l’arrogance du CPT, qui semble ignorer sa dépendance envers le soutien international, notamment celui des États-Unis.

En réaction, l’ambassade américaine a publié une note ferme, s’opposant clairement à toute tentative de révocation du Premier ministre. Selon la mission diplomatique, ce sont plutôt des partisans des gangs à l'intérieur du CPT qui chercheraient à déstabiliser le pays. Cette intervention rappelle que le pouvoir du Conseil est fragile et conditionné par l’aval des puissances étrangères.

À l’approche du 7 février 2026, une question cruciale demeure : où vont vivre ces conseillers après la fin de leur mandat ? Sans protection institutionnelle et avec des sanctions internationales potentielles, leur exil pourrait s’avérer très difficile. Certains pourraient être contraints à un retrait discret, d’autres pourraient se retrouver sans aucune issue politique.

L’arrogance du CPT souligne une réalité incontournable : dans le contexte haïtien actuel, défier la puissance américaine ou ignorer les rapports de force internationaux peut coûter cher, et le temps presse pour ceux qui ont choisi la confrontation plutôt que la prudence.

Ancy Volcy

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mercredi 21 janvier 2026

Pourquoi le CPT et ses resquilleurs veulent chasser le Premier Ministre à la veille du 7 février

À quelques jours de la fin du mandat du Conseil présidentiel de transition (CPT), une agitation suspecte gagne le sommet de l’État. Certains membres du CPT, appuyés par des acteurs politiques en quête de repositionnement, réclament le départ du Premier ministre Alix Didier Fils-Aimé. Une initiative aussi précipitée qu’injustifiée, qui révèle surtout les contradictions et les limites d’une transition déjà largement contestée.

Il faut le dire sans détour : cette tentative d’éviction n’a rien d’institutionnel. Elle est profondément politique, opportuniste et dangereuse pour la stabilité du pays. Et contrairement à ce que certains laissent entendre, le maintien du Premier ministre après la fin du mandat d’une présidence ou d’un organe exécutif n’est pas propre aux périodes de transition. Il s’agit d’un principe fondamental de continuité de l’État, reconnu dans les systèmes politiques modernes. Le chef du gouvernement reste en fonction pour assurer la gestion des affaires courantes jusqu’à l’installation d’une nouvelle autorité exécutive. Remettre ce principe en cause aujourd’hui revient à créer artificiellement un vide de pouvoir, dans un pays qui n’a ni la stabilité ni les institutions solides pour se permettre une telle improvisation.

Cette démarche ne repose donc sur aucun fondement juridique sérieux. Elle s’inscrit plutôt dans une logique de calculs politiques de dernière minute. À l’approche du 7 février, certains acteurs savent que leur marge d’influence touche à sa fin. En s’attaquant au Premier ministre, ils tentent de conserver un levier de pouvoir, d’imposer une dernière décision ou de peser sur la suite du processus politique.

Le Premier ministre devient ainsi une cible non pas pour ce qu’il a fait, mais pour ce qu’il représente : la continuité de l’État, un point d’équilibre institutionnel, un obstacle à certaines manœuvres. Ce n’est ni une question de gouvernance ni une question de légalité, mais une bataille de positionnement.

Cette agitation survient également dans un contexte où le bilan du CPT est largement critiqué. L’insécurité persiste, la crise humanitaire s’aggrave, les attentes de la population restent insatisfaites et la transition n’a pas tenu ses promesses. Face à ce constat, il est plus commode de déplacer le débat vers la personne du Premier ministre que d’assumer collectivement l’échec d’un processus mal conduit.

Plus grave encore, une confusion volontaire est entretenue autour du droit. On tente de faire croire que la fin du mandat du CPT entraînerait automatiquement la chute du gouvernement. C’est faux. Le droit public est clair : l’État ne s’arrête pas avec le départ d’une instance politique. Le Premier ministre reste en fonction pour garantir la continuité administrative jusqu’à la mise en place d’un nouvel exécutif. Toute autre interprétation relève de la manipulation.

Ce qui se joue aujourd’hui dépasse largement le cas d’Alix Didier Fils-Aimé. C’est une illustration supplémentaire de l’incapacité chronique de certains acteurs politiques à penser l’État au-delà de leurs intérêts immédiats. Une fois de plus, la transition est instrumentalisée, non pour sortir le pays de la crise, mais pour préserver des positions.

À la veille du 7 février, la responsabilité aurait dû commander la retenue, la clarté et le respect des principes républicains. Vouloir écarter le Premier ministre dans ces conditions n’est ni une solution ni une réforme. C’est une fuite en avant, qui risque d’aggraver la confusion institutionnelle et d’éloigner encore davantage le pays d’une sortie de crise crédible.

Jackson Junior Joseph 

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Alix Didier Fils-Aimé projette d'augmenter le prix du carburant : le peuple va mourir de faim

Le Premier ministre Alix Didier Fils-Aimé envisagerait une nouvelle augmentation du prix du carburant en Haïti. Selon le journaliste de Radi...