Je n’ai jamais eu l’occasion de rencontrer personnellement Lavoisier Junior Chérisier. Ma connaissance de sa personne se limite à son image diffusée sur les réseaux sociaux, principalement Facebook. Il est manifeste, d’après les informations disponibles sur son profil, qu’il ne réside pas en Haïti, mais à Brooklyn, New York. Il apparaît donc hautement probable que son départ du pays ait été motivé par la nécessité de fuir la pauvreté, et non par une quelconque persécution politique, comme certains le laissent entendre pour justifier un statut d’asile.
Cependant, ce qui interpelle davantage n’est pas tant le cas particulier de M. Chérisier que le phénomène qu’il illustre. En effet, certains Haïtiens expatriés semblent, dès leur arrivée dans le monde occidental, contracter ce que l’on pourrait qualifier de « fièvre du reniement ». Soudainement, ils développent une allergie quasi pathologique au mot « Haïti » et se donnent pour mission de dénoncer l’ensemble des valeurs et des intellectuels de leur pays d’origine. Ils n’ont parfois pas encore assimilé les rudiments de la vie urbaine dans leur nouveau cadre, et déjà ils s’autoproclament critiques suprêmes de l’intelligence haïtienne.
Ce phénomène soulève une interrogation fondamentale : pourquoi, dès qu’un diplômé ou intellectuel haïtien s’expatrie pour des raisons économiques, adopte-t-il systématiquement une posture de dénigrement envers son pays et ses pairs ? Est-ce le climat rigoureux ou l’isolement qui altèrent leur jugement ? Ou bien s’agit-il d’une réaction psychologique plus complexe, liée à une redéfinition identitaire forcée ? Ces questions méritent une attention particulière, car elles touchent à la fois à l’histoire et à la psychologie des migrations.
Pour aborder cette problématique de manière rigoureuse, il convient d’abord de définir ce qu’est un intellectuel. Selon une auteure roumaine, un intellectuel se caractérise par le fait de mettre son savoir et son expertise au service de son pays et de sa communauté. Si l’on se réfère à cette définition, il apparaît que de nombreux Haïtiens ont effectivement consacré leur intelligence et leur énergie au progrès de leur peuple et à la valorisation de la culture noire.
À titre d’illustration, Jacques Roumain, bien qu’il n’ait pas obtenu de titres académiques prestigieux nulle part, demeure l’un des premiers penseurs à avoir conceptualisé la migration comme un outil stratégique de développement. Son œuvre majeure, Gouverneurs de la rosée (1944), établit clairement un lien entre la migration de retour et le progrès économique et social. À titre comparatif, les recherches occidentales sur ce même sujet, notamment celles du Néerlandais Franck Bovenkerk, ne débutent qu’en 1971, soit près de trois décennies après Roumain.
Ainsi, il est incontestable que Jacques Roumain mérite pleinement le qualificatif d’intellectuel, au regard de sa contribution originale aux réflexions sur la migration et le développement. Dans le contexte contemporain, où les pays du tiers monde subissent massivement la fuite des cerveaux, cet apport prend une importance stratégique. Les nations asiatiques telles que la Chine, Taïwan et l’Inde ont su transformer la migration de retour en levier de prospérité, mobilisant leurs diasporas pour stimuler l’innovation, attirer les investissements et consolider leur développement national.
Il s’ensuit donc que l’affirmation selon laquelle Haïti n’aurait jamais produit d’intellectuels relève non seulement de l’ignorance, mais également d’une méconnaissance volontaire de son histoire intellectuelle. Le génie haïtien s’exprime à travers des figures telles que Roumain et à travers les nombreux acteurs contemporains qui, malgré les conditions difficiles, œuvrent au progrès du pays. L’intellectuel haïtien véritable n’est pas celui qui se complaît dans la critique stérile depuis l’étranger, mais celui qui conjugue connaissance et action concrète pour le bien commun et pour la dignité de sa nation.
En conclusion, Haïti a toujours possédé ses penseurs, créateurs et bâtisseurs. Ce qui fait défaut, ce n’est pas l’existence de ces acteurs, mais la reconnaissance et le soutien nécessaires pour qu’ils puissent pleinement déployer leur potentiel. Nier leur présence, c’est nier la capacité de résilience d’un peuple qui, depuis plus de deux siècles, démontre que la grandeur émerge souvent de l’adversité.
Alan Broski
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Misye sanble anraje vre wi
RépondreSupprimerAyiti poko janm kale yon grenn entelektyèl. Oksidan kale yon paket ( kolonize mantal sou etikèt "Entelektyèl") pou Ayiti daprè kritè ak valè pa l.
Lavoisier
Misye di kèk bon bagay men sanble fredi new York la kraze cerveau li
RépondreSupprimerOn ne mesure pas la valeur d'un intellectuel avec de l'argent mais plutôt à la puissance de sa pensée à résister au marchandage de l'argent.
Lavoisier...
👏🏾
SupprimerYon kòmantè mwen renmen
RépondreSupprimerTag professeur Lavoisier pou mwen, dil se pa Wendy Phele selman ki sou rezo a. Chaje nèg kap fè efò epi kap di bagay serye. Kòm misye di depi 1804 ayiti pa janm konnen yon intellectuel, Yon neg tankou Manigat misye ap blaze a, li poko ka niche pwent pyel em pa sûr ke misye ap atenn 50 % de réalisation Manigat nan vil. Mwen selman mandel e li menm eskel se yon intellectuel? gad nan komantè a kijan misye jourem byen joure. Misye efase tout komantè mwen te fè avel yo epil blokem. Poutan mwen pat janm di yon mo deplase ak misye. Mwen te vrèman apresye misye ew ka wè mwen poste ak pataje plizyè analiz misye konn fè sou plizye sijè, men jodia mwen dekouvri ke misye pa gen matière vre se yon bann par coeur de vieux mots baroques kel vin ap site poul ka atire atansyon moun. Misye pa gen okenn imilite. Mwen vreman tris lem ap ag yon moun ki fome epil pa gen éducation, sak pi grav la lew wè yo konsa se foli vin chef yo genyen. Mwem pap kouri pou misye se lik pou blokem. Si misye se yon intellectuel li ye fok li komanse pa fè tet li konfyans. Konsey mwen pou misye, s'il wel pa gen matière, li ka jis pran konsiltasyon nan men lot moun.
Lavoisier ti nèg pye mayas kap Viv nan salte Brooklyn sa sou moun anpil
RépondreSupprimerCela révèle simplement, selon moi, que cet individu ne connaît ni l’histoire ni la pensée haïtienne. Anténor Firmin, Jean Price-Mars, Michel-Rolph Trouillot, Suzy Castor, Frankétienne, Dany Laferrière… On parle de personnes qui sont étudiées dans des universités du monde entier. Il est qui lui pour pondre une tellle ânerie?
RépondreSupprimerCe Lavoisier est probablement en quête d’attention. On sait que l’actuelle administration n’est pas tendre avec les migrants issus de pays comme le nôtre.
RépondreSupprimerOn a le droit de publier son opinion; mais l'importance de ce qu'on ecrit est relative a la dimension de son auteur et a la methode employee pour arriver a une conclusion.
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