Fondateur du média

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Jameson LEOPOLD est Travailleur social et Gestionnaire. Il a fait des études de maîtrise en Sciences du développement à la Faculté d’Ethnologie et en Conseil et expertise en action publique à l’Université Toulouse 1 Capitole. Il est reconnu comme consultant en migrations et réintégration (déportation, retour volontaire et fuite des cerveaux), en renforcement institutionnel (création d’organisations, élaboration et gestion de projets) et en évaluation de projets. Fort de trois années d’études en linguistique, il a fondé Plume Souveraine et occupe actuellement le poste de directeur de la communication au sein du parti Konbit Pou Demokrasi.

mercredi 11 février 2026

Nous ne sommes pas allés à l’école pour développer Haïti

Chaque année, des milliers de jeunes Haïtiens obtiennent leur diplôme. Licence, maîtrise, doctorat. Les cérémonies se succèdent, les photos circulent, les familles célèbrent. Pourtant, le pays ne change pas. L’économie stagne, les institutions restent fragiles, les infrastructures se dégradent. Une question dérange : à quoi sert notre école ?

Le système éducatif haïtien est en grande partie hérité du modèle français. Mais ce modèle a été reproduit sans adaptation réelle aux besoins du pays. Pendant que la France réforme régulièrement son système pour répondre aux mutations économiques et technologiques, Haïti semble figée dans un schéma ancien. On enseigne beaucoup de théorie, peu de pratique. On valorise la récitation plus que la résolution de problèmes.

Autre paradoxe : l’école forme massivement dans des filières peu connectées aux priorités nationales. Les sciences sociales, le droit et la gestion dominent. Pendant ce temps, l’agriculture moderne, l’ingénierie, la transformation agroalimentaire, l’énergie ou l’aménagement du territoire manquent cruellement de spécialistes. Le pays importe ce qu’il pourrait produire et dépend de compétences qu’il ne développe pas suffisamment.

Le problème n’est pas l’intelligence des étudiants. Beaucoup réussissent par volonté personnelle, parfois en dépit d’un encadrement insuffisant. Certains poursuivent même jusqu’au doctorat à l’étranger. Mais une fois formés, que font-ils pour Haïti ? Trop souvent, leurs recherches sont conçues pour d’autres réalités. Les thèmes étudiés, les méthodologies utilisées et les références mobilisées ne répondent pas toujours aux urgences nationales.

À cela s’ajoute une culture du diplôme comme symbole social. L’important devient d’« avoir le papier ». La compétence réelle, l’innovation et l’impact concret passent au second plan. Le système valorise le titre plus que la capacité à transformer une communauté, une entreprise ou une institution.

La fuite des cerveaux complète le tableau. Les plus qualifiés quittent le pays faute d’opportunités et de stabilité. Ceux qui restent évoluent dans un environnement marqué par le manque de ressources, de laboratoires, de financements et de vision stratégique.

Le problème n’est donc pas seulement l’accès à l’école. Il est plus profond : l’éducation haïtienne n’est pas articulée à un projet national de développement. Tant que l’école ne sera pas pensée comme un outil de transformation économique et sociale, elle continuera à produire des diplômés sans produire de développement.

La question n’est plus de savoir combien de diplômes nous distribuons chaque année. La vraie question est la suivante : notre système éducatif prépare-t-il réellement à construire Haïti ?

Andy Griffith 

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